Patrick Vieira, son entraîneur à l’OGC Nice, a souvent exploité sa polyvalence quand il en avait besoin plus haut que dans le secteur de défense. Youcef Atal joue comme arrière-droit en sélection. Même s’il a tendance à trop monter. Ce penchant pour l’offensive est une qualité pour lui. Et même si son jeu est porté vers l’avant, il a reconnu, dans un entretien accordé au quotidien français « L’Equipe », qu’il préfère le poste de latéral droit.

Blessé au genou le 7 décembre dernier, Atal a été éloigné des terrains pendant une longue période. Sa seconde saison avec l’OGC Nice a clairement été plombée par ce sérieux pépin dans une zone très délicate pour un joueur de football. L’articulation principale de la jambe n’est jamais une blessure facile. La rééducation et la convalescence prennent beaucoup de temps.
Toutefois, l’international algérien de 24 ans a estimé qu’ « après ma (sa) belle saison, j’avais envie de faire encore mieux, j’ai bien commencé, mais cette blessure m’a retardé. C’est dommage, mais c’est le destin. Je bosse pour refaire une saison comme la première.»

« La peur de se faire encore mal »
Le Champion d’Afrique avoue aussi que «  c’était difficile car je n’avais qu’une envie : jouer. Je m’étais bien mis dans la tête que ma blessure allait durer quatre-cinq mois, et c’était déjà beaucoup. Le confinement a quand même été bien pour mon genou, car ça m’a donné le temps de tout renforcer. Je mets tout ça derrière moi et on avance.» La halte footballistique forcée engendrée par le Coronavirus en France a donc permis à l’ancien sociétaire du Paradou AC de se réathlétiser : « Un kiné venait chez moi à Nice. J’habite avec Hicham (Boudaoui). On se motivait pour continuer à travailler, et je pense qu’on a bien géré.» Par ailleurs, il y a l’aspect psychologique à prendre en compte après une opération au genou. Celui qui a signé en juillet 2018 au « Gym » contre un chèque de 6 millions d’euros, reconnaît que « la peur de se faire encore mal peut exister. » Mais, à ses yeux, « quand tu joues, tu n’y penses plus.» Surtout que le Dz assure qu’il « commence à bien sentir les choses comme avant.»

Une question de repères
Désormais, le Fennec aux 18 capes avec l’équipe nationale est tourné vers l’avenir. Et il indique que son futur s’écrit en Côte d’Azur. Au moins pour une autre saison. Et ce, même si des clubs gardent un œil sur lui. « Je n’ai pas fait une seconde saison pleine et il faut que j’en fasse une avec la Ligue Europa, ma première Coupe d’Europe. Je suis bien ici. Le jour où je devrai partir de Nice, ce sera pour un très grand club. Le niveau monte avec la concurrence et ça nous fait déjà du bien », argumente-t-il non sans reconnaître que le fait qu’il fasse l’objet d’intérêt de certaines écuries européennes lui « fait plaisir car c’est la récompense de ton travail. Si les grands clubs te regardent, ça veut dire que tu es là. Tu existes. Mais j’étais concentré sur ma blessure et je ne pensais qu’à faire une belle saison ici.»
Quant à son utilisation par son coach, Atal assure qu’il se sent mieux quand il joue à son poste de prédilection qui est latéral droit : « Je préfère car j’ai mes repères. C’est le poste où je fais ce que j’aime, je pars de plus loin et c’est le meilleur moyen d’utiliser ma vitesse.» Selon lui, « quand un latéral monte beaucoup comme moi, les gens ne voient pas qu’il défend aussi. Mais si je n’attaque pas, tu vas voir que je défends (sourire). C’est la priorité et je prends vraiment du plaisir. Quand je commence un match, je me dis que personne ne va passer de mon côté. Tacler, se bagarrer, c’est aussi du plaisir.»

Il y aura de la concurrence
Feu follet sur son côté et parfois un peu téméraire quand il laisse trop d’espaces derrière, le Niçois, qui a inscrit 1 but et distribué 2 passes décisives en 13 apparitions cette saison (contre 6 buts et 1 offrande lors de la séquence 2018-2019), sait qu’il doit encore travailler certains aspects dans son jeu. « Au début, j’avais envie de tout donner pour que les gens me connaissent, pour prendre ma place, car, d’où je viens, ce n’était pas facile. Beaucoup de choses m’ont fait grandir, j’ai compris le foot en Europe. Je voulais toucher tout le temps le ballon alors qu’il faut savoir gérer ses efforts. Il y a des actions où il faut y aller tout seul, d’autres non. Ce sont ces détails qui font la différence », retrace-t-il.
A présent, ça sera l’épreuve du terrain. Celui dont la valeur marchande actuelle est évaluée à 20 millions d’euros selon les boites spécialisées, devra faire face à la concurrence avec des compteurs qui seront remis à zéro. Jordan Lotomba a été recruté par les « Aiglons » en provenance des Young Boys de Berne (Suisse) pour 6 millions d’euros. De quoi pousser le Vert à donner le maximum pour reprendre une place dans le onze de Vieira. Le début de la séquence 2020-2021 en France est prévu pour le 23 du mois en cours. n