Après 36 ans d’attente et un dernier sacre décroché du temps du regretté et légendaire Diego Maradona, l’Argentine retrouve le sommet du monde. Cette fois, c’est un autre as du ballon, Lionel Messi, qui a emmené l’«Albiceleste» vers la consécration. Les Argentins ont dominé la France (3-3/4 t.a.b 2) championne du monde en titre, dans une mémorable finale au stade Lusail (Qatar).

Par Mohamed Touileb
La France pouvait imiter l’Italie (1934 et 1938) et le Brésil (1958 et 1962) en alignant deux sacres mondiaux de suite (2018 et 2022). Mais les «Bleus» n’ont pas pu aller chercher l’exploit. Ultra-dominateur, le «Tango» a dicté le tempo en première période face à des «Tricolores» qui n’ont pas franchement existé.

L’Angel Di Maria
Avec un virevoltant Angel Di Maria, l’Argentine a pu décanter la situation. L’ailier a obtenu un penalty après une faute d’Ousmane Dembele à la 23e minute. A la baguette, il y avait Lionel Messi qui n’a pas tremblé pour battre Hugo Lloris et mettre les siens sur les bons rails. En transformant la sentence, Messi a marqué son 6e but dans la compétition. Pour son 26e match en Coupe du Monde, qui lui permettait de devenir le footballeur le plus capé à ce niveau devant Lothar Matthäus (Allemagne), il ne pouvait pas espérer mieux.
Par ailleurs, Léo devenait le premier footballeur de l’histoire à marquer dans chacun des 4 matchs de la phase à élimination directe du prestigieux tournoi. Le septuple Ballon d’or pèsera 13 minutes plus tard en créant le décalage pour un contre fatal conclu par Angel Di Maria servi par Mc Allister. Le break était fait par les vainqueurs de la Copa América 2021. Et cela rendait la mission des camarades d’Adrien Rabiot plus compliquée que jamais pour recoller au score.

L’infernal et Mbappé
La tendance de la domination des sélections sud-américaines face à celles européennes en finale était là. Par le passé, il y a eu 10 finales qui ont opposé les représentants des deux continents. A 7 reprises, le dernier mot était revenu aux «latinos». La 8e victoire se dessinait inévitablement tout comme la 3e consécration argentine après celles de 1978 et 1986.
C’était avant le réveil brutal de Kylian Mbappé qui a transformé un penalty à la 80e minute puis égalisait d’une reprise volée 1 minute plus tard. 97 secondes, c’est le temps qu’il a fallu au Parisien pour planter un doublé et porter son «total réalisations» à 7 dans cette épreuve. Il est le premier joueur après Ronaldo (Brésil) en 2002 face à l’Allemagne à marquer deux fois en finale de Coupe du Monde. Les deux prétendants du soir devaient passer par les prolongations. C’était la 8e fois qu’une finale se joue au-delà des 90 minutes.

La roulette russe fatale aux Français
En prolongations, c’est l’inévitable Lionel qui Messi qui donnait le coup de défibrillateur aux siens en ajoutant le troisième but (108’) validé à la goal-line technologie. Ainsi, la «Pulga» pensait avoir le sacre à son pays. C’était avant un nouveau penalty accordé par le referee Szymon Marciniak à l’EDF.
Mbappé ne s’est pas fait prier pour envoyer Martinez à contre-pied et niveler la marque et mettre son 8e pion du tournoi. Ce match ne pouvait se terminer qu’avec une séance de tirs au but. Mbappé s’est présenté en premier et a concrétisé son essai.
Il a été suivi par Messi qui n’a pas tremblé. L’exercice sourira aux Argentin et «Léo» qui a conforté un peu plus, son statut de légende de la balle ronde. Pour beaucoup, il est désormais le meilleur joueur de tous les temps. En tout cas, il aura gagné tous les trophées possibles en ayant un impact majeur. La boucle est bouclée. Et Diego Maradona regarde ça de là-haut. Son Argentine est de nouveau joyeuse. n