L’élection présidentielle du 12 décembre et ses résultats sont en train de provoquer une reconfiguration au sein de certains partis politiques, qui changent de tête l’un après l’autre.

Ils sont, en effet, plus d’un à subir des changements dans le sillage de cette échéance électorale pour des considérations liées aux résultats obtenus, comme c’est le cas d’Ali Benflis, ou pour des raisons autres, comme c’est désormais le cas de Mohamed Saïd. L’ancien chef de gouvernement Ali Benflis a, en effet, acté depuis samedi son départ du parti Talaie El Hourriyet, qu’il a dû créer au lendemain de son second échec dans la course présidentielle en 2014 pour servir d’appareil de mobilisation pour ce qui deviendra par la suite sa troisième tentative dont le résultat n’a pas été différent de ceux de 2004 et 2014. Et c’est à l’annonce des résultats préliminaires de la présidentielle du 12 décembre 2019, plus que décevants pour lui, que l’ancien chef de gouvernement a fait part de son intention de démissionner de la tête du parti. Le parti a eu, par conséquent, un nouveau premier responsable en la personne d’Abdelkader Saâdi, désigné pour assurer la présidence du parti par intérim jusqu’à la tenue du congrès annoncé pour juin 2020. En décodé, la création et la trajectoire de cette jeune formation politique sont fortement liées aux joutes électorales dont celle de 2019 est venu signer irrémédiablement la fin politique de son leader. Pour sa part, la démission de Mohamed Saïd du Parti de la liberté et de la justice (PLJ) n’a aucun lien avec le déroulement de la présidentielle, une échéance que le parti, créé en 2012, a boycottée. Le divorce entre les deux parties, annoncé depuis samedi, a eu son explication 24 heures plus tard avec la désignation de Mohamed Saïd au poste de ministre conseiller à la Communication, porte-parole officiel de la présidence de la République. Cette désignation impose ainsi un nouvel agenda organique à ce parti, lancé et présidé par Mohamed Saïd, un parti qui n’a pas pu se faire une place importante dans l’échiquier politique national. Le départ de son désormais ancien président place manifestement le PLJ dans une autre configuration, lui dictant d’ores et déjà d’œuvrer à nommer un nouveau chef. Par ailleurs, l’élection présidentielle 2019 n’a pas manqué de provoquer des remous chez le Rassemblement national démocratique (RND) qui a été un acteur principal du scrutin avec la candidature de son secrétaire général par intérim, Azzedine Mihoubi, accrédité d’un score catastrophique, en arrivant à la dernière place sur les 5 prétendants à la magistrature suprême. La contestation au sein du Rassemblement n’a pas tardé à s’exprimer jusqu’à réclamer la tête du successeur d’Ahmed Ouyahia, qui résiste en dépit d’une adversité qui s’est fait entendre juste après l’annonce de la défaite cuisante de l’ancien ministre de la Culture.
Indice d’une rupture de confiance au sein du parti, la convocation de plusieurs membres du Conseil national devant la commission nationale de discipline. Parmi les responsables appelés à s’expliquer sur leur attitude figure Seddik Chihab, ancien porte-parole du parti, et la députée Amira Slim, dans ce qui s’apparente, à bien y regarder, à une crise interne qui n’a pas encore livré ses secrets. Chez le parti du Front de libération nationale (FLN), c’est plus que jamais le temps des incertitudes visiblement accentuées par le choix opéré lors de l’élection présidentielle d’apporter son soutien à la candidature de Mihoubi. Ali Seddiki, secrétaire général par intérim du FLN, tente, depuis, de dédramatiser ce qui pourrait être les conséquences d’un tel choix. «Nous ne pouvons que soutenir un président attaché au principe de la main tendue, qui constitue une motivation supplémentaire pour aller de l’avant dans la réalisation de son programme prometteur, qui donnera assurément à l’Algérie la place qui lui sied», a-t-il soutenu au lendemain de la victoire de M. Tebboune.
En définitive, l’élection présidentielle n’a pas été sans conséquences sur les directions des formations politiques ayant pris part à cette joute électorale et celles dont les leaders ont eu des offres pour des responsabilités comme Mohamed Saïd.