Le dernier chiffre de l’Office national des statistiques (ONS) selon lequel le taux d’inflation est passé, entre février 2020 et janvier 2021, de 2% à 2,6 % laisse perplexe le président de l’Association de protection et d’orientation du consommateur et de l’environnement (Apoce). D’après Mustapha Zebdi, le taux d’inflation annoncé par l’ONS «ne correspond nullement à la réalité du terrain». «Il y a comme une contradiction par rapport à ce que nous observons sur le terrain», a-t-il ajouté, non sans s’interroger «sur quelle base de travail» ce taux a été calculé. «Il y a une sorte d’anachronisme entre ce que rapporte l’ONS et ce qui est palpable sur terrain», poursuit-il dans son commentaire. «Le dinar a connu une dévaluation de près de 20%, ces 11 derniers mois, ce qui s’est répercuté sur toute notre industrie agroalimentaire tributaire de matière première importée, et on vient nous dire que le taux d’inflation est passé de 2% à 2,6% de février 2020 à janvier 2021», fait-il observer.
Pour le président de l’Apoce, les prix à la consommation sont en forte hausse par rapport à l’année précédente. Cette hausse varie en ce début d’année 2021 entre 5% et 20%, voire même jusqu’à 40%, au rayon des produits alimentaires importés. Concernant les raisons de cette tendance, les avis convergent sur trois facteurs : un déséquilibre entre l’offre et la demande, l’insuffisance dans le nombre de marchés de proximité et l’absence de contrôle. Les industriels, eux, incombent cette hausse des prix de préférence au fait que «les cours mondiaux de matière première végétale ont eu ces derniers mois une augmentation sensible des prix du fret et surtout à la baisse du dinar». Selon des économistes, c’est ce dernier facteur qui a tiré à la hausse le prix de revient à la production chez les manufacturiers qui importent pour l’essentiel de leur matière première. Quand on sait qu’en une année (de janvier 2020 à 2021) la monnaie nationale a enregistré un glissement de l’ordre de 20%, on comprend vite pourquoi les manufacturiers n’ont eu d’autres alternatives que de revoir à la hausse le prix d’usine de leur production.