Le Bureau de l’Assemblée populaire nationale (APN) tient, aujourd’hui, une séance à «huis clos», afin de statuer sur le «dossier» de la levée d’immunité parlementaire de deux de ses députés, à savoir le député et président du RCD, Mohcine Belabbas, et l’ancien ministre, Abdelkader Ouali.
Les procédures contre Mohcine Belabbas et Abdelkader Ouali avaient, pour rappel, été initiées à la demande du ministre de la Justice, garde des Sceaux, Belkacem Zeghmati. La justice souhaite entendre ces deux responsables politiques dans deux dossiers différents. L’APN explique en ce sens que plusieurs réunions et auditions ont été organisées avec les deux députés sous la conduite du président de la commission Abdelhamid Si Afif.
Les dernières en date, les 7 et 13 octobre dernier, avaient notamment été l’occasion pour l’APN de prendre «acte» du refus du député Mohcine Belabbas d’être auditionné, «bien que la commission de l’APN l’avait convoqué pour la seconde fois». Abdelkader Ouali s’était, quant à lui, «exprimé sur les faits qui lui sont reprochés», mais a, cependant, refusé de renoncer à son immunité parlementaire. La commission avait en ce sens annoncé qu’elle appliquera les procédures pour chacun des deux cas.
Il est à rappeler que le député RCD Mohcine Belabbas avait lui-même fait savoir qu’il avait été convoqué par les services de la Gendarmerie dans le cadre d’une enquête de «droit public». Un dossier ouvert, en effet, après le décès d’un ressortissant marocain qui travaillait dans un chantier de construction d’un logement privé lui appartenant. Le député – et président du RCD – n’aurait également pas signalé le fait, alors que la victime ne possédait pas de «permis de travail», selon le Parquet général près la Cour d’Alger, cité par l’APS le 25 juin dernier.
Quant à la demande de levée d’immunité de l’ancien ministre et député Abdelkader Ouali, elle fait suite à une précédente tentative, en début d’année, qui s’était cependant soldée par le refus des parlementaires lors d’un vote à bulletin secret en mars dernier.
L’ancien ministre des Ressources en eau et de l’Environnement, entre juin 2016 et avril 2017, avait, à cette occasion, évoqué certaines charges que la justice lui reprochait, notamment des transferts illicites de fonds à l’étranger. Des faits qu’il avait catégoriquement niés.

Le journaliste a été condamné à deux ans de prison
Nouveau sit-in de soutien à Khaled Drareni
PAR NAZIM B.
Un neuvième rassemblement pour la libération de Khaled Drareni et des autres détenus a été organisé, hier, à la maison de la presse Tahar-Djaout en présence de journalistes, d’avocats et d’activistes du mouvement populaire.
Il s’agit d’une nouvelle action à travers laquelle les manifestants ont réitéré leur exigence de libération pour leur confrère qui croupit dans la prison de Koléa (Tipasa) mettant en avant l’innocence du journaliste et réclamant «une justice indépendante» et «un exercice libre de la presse». Les professionnels du secteur ont été rejoints à cette occasion comme lors des précédentes actions par des activistes et des représentants de partis politiques, à l’image de l’avocat Mostefa Bouchachi, membre du collectif de défense des détenus.
L’action d’hier est la cinquième depuis la condamnation par la Cour de Ruisseau du journaliste, incarcéré à la prison de Koléa, à une peine de deux ans, une sentence décriée par ses confrères et les avocats, qui ont introduit un pourvoi en cassation.
«Khaled Drareni est un journaliste libre», «Khaled Drareni n’est pas un khabardji», «libérez Drareni», «Presse libre, justice indépendante» sont les mots d’ordre entendus à l’occasion de cette nouvelle mobilisation.