L’annonce de la candidature du général-major en retraite, Ali Ghediri, à l’élection présidentielle du 18 avril prochain, a suscité un tollé de réactions sur les réseaux sociaux qui laisse penser que ce candidat n’est pas comme les autres. Des réactions qui sont pour la majorité hostiles à l’homme et à son projet politique. La plus importante et étonnante est venue de la figure emblématique des militaires en retraite, Ammar Hassini. Celui-ci a tiré dans une vidéo à boulets rouge sur l’ex-général candidat quelques minutes seulement après que ce dernier ait annoncé son intention de se porter candidat. Très influent dans le milieu des retraités militaires qui luttent, depuis plus de deux ans, pour satisfaire leur plateforme de revendications, Ammar Hassini, connu sous le nom «Ammar El Beret», a critiqué violement le bilan professionnel d’Ali Ghediri. Il est allé jusqu’à l’accuser d’être responsable des radiations «arbitraires» des militaires. «Il est responsable de la majorité des radiations arbitraires des jeunes militaires quand il était chargé du service du personnel au ministère de la Défense nationale», a-t-il déclaré, avant de trancher la position de ce candidat. «Je ne connais pas ce général et je ne cherche pas à le connaître. Des gens m’ont contacté pour avoir mon avis sur sa candidature, je leur ai dit que je ne soutiendrai personne», a-t-il ajouté. Avec cette sortie qui a fait le buzz sur les groupes et les pages des militaires en retraite, Ammar Hassini tranche la position de la Coordination nationale des militaires en retraite, des radiés, blessés et ayants droit. Pour lui, Ali Ghediri doit chercher des soutiens loin des militaires. Selon nos informations, les milieux proches d’Ali Ghediri avaient tenté, au cours des semaines dernières, d’obtenir le soutien de cette catégorie professionnelle qui a fait preuve d’une structuration exemplaire. La vidéo a vite fait le tour sur les réseaux sociaux. De son côté, le premier responsable de la Coordination nationale des militaires en retraite, des radiés, blessés et ayants droit, Marouane Bessafa, a partagé sur son compte Facebook personnel la vidéo en question. Un geste qui signifie qu’un consensus se dégage dans le milieu des militaires en retraite pour ne pas soutenir Ali Ghediri, qui perd ainsi le soutien de ses compagnons d’hier. Sur les groupes Facebook gérés par les militaires en retraite, on ne parle que des décisions radicales prises par cet homme, qui souhaite devenir président de la République. Des décisions qui ont provoqué, selon les anciens militaires, «des tragédies humaines» puisque des centaines, voire plus, de jeunes militaires, se sont retrouvés du jour au lendemain sans revenus et dans les couloirs des tribunaux militaires «sans motifs», selon eux. Les militaires en retraite ne sont pas les seuls à critiquer le général-major, les milieux islamistes sur Facebook se méfient eux aussi de lui. Pour eux, il incarne l’ex-DRS et les milieux éradicateurs. Le même avis a été exprimé par le chanteur de rap Lotfi DK, qui plaide plutôt pour le boycott des élections. Même les proches du Mouvement Mouwatana n’ont pas explosé de joie après cette annonce. Par ailleurs, des voix se sont élevées pour saluer la démarche d’Ali Ghediri. A leur tête l’avocat et ex-vice-président du RCD, Mokrane Aït Larbi. Il a annoncé sur son compte officiel sur le réseau social Facebook son soutien au général-major et sa décision de lui faire campagne. En outre, le célèbre commentateur sportif Hafid Derradji a fait allusion à la possibilité de soutenir Ali Ghediri. La solution, selon lui, réside dans la mobilisation des électeurs contre le candidat du système. Sans le citer nommément, le commentateur fait allusion à Ali Ghediri. Dans le monde des médias, le journal électronique «Algérie Patriotique» du fils de l’ex-ministre de la Défense nationale Khaled Nezzar, a fait son choix de mettre en avant la candidature du général en retraite. Des articles promotionnels du candidat occupent déjà la page d’accueil du journal. Une position qui laisse croire que Khaled Nezzar fait partie des soutiens d’Ali Ghediri.<