Après un suspense qui a duré près de 72 heures, le président de l’Autorité nationale indépendantes des élections (ANIE) Mohamed Charfi a fini par livrer, hier, les résultats des élections législatives de samedi dernier. Lesquelles sont appelées à être confirmées par le Conseil constitutionnel, après expiration du délai des recours, faut-il le rappeler.

Par Feriel Nourine
C’est le parti du Front de libération nationale (FLN) qui est arrivé en tête de ce scrutin, ouvrant la voie à la neuvième législature du pays en totalisant 105 sièges sur les 407 sièges qui composeront la prochaine Assemblée populaire nationale (APN). Derrière le FLN, ce sont les indépendants qui arrivent avec 78 sièges, puis, le Mouvement de la société pour la paix (MSP) avec 64 sièges, le Rassemblement national démocratique avec 57 sièges, le Front El-Moustakbal avec 48 sièges, et le Mouvement El-Bina avec 40 sièges.
Si dans le cas du FLN, la première place annoncée par M. Charfi constitue une confirmation du classement établi la veille à travers les résultats préliminaires collectées auprès des délégués de l’ANIE, au niveau d’un grand nombre de wilayas, la place de dauphin que se sont octroyés les candidats indépendants dans ces législatives est venue plutôt remettre en cause la hiérarchie établie, lundi, par les mêmes résultats préliminaires, reléguant ces derniers derrière le MSP et le RND, voire même derrière El Moustakbal et El Bina dans certaines opérations comptables qui n’ont pas attendu la collecte définitive de l’ANIE.
Présent en force, avec 1 208 listes engagées dans le scrutin, soit un nombre qui dépasse celui des listes totales des partis politiques présent à ce rendez-vous électoral, les indépendants s’octroient donc une place très honorable dans la composante de la Chambre basse du Parlement.
Le parti islamiste dirigé par Abderrezak Makri devra donc se contenter du troisième plus grand nombre de siège, même s’il avait choisi de précéder les événements en annonçant, dès dimanche dernier, sa victoire. Le principal parti islamiste du pays n’avait pas non plus hésité à « mettre en garde contre les nombreuses tentatives de modifier les résultats du scrutin comme cela se faisait avant ». En ce sens, il est allé jusqu’à appeler le président de la République « à faire respecter la volonté populaire exprimée ainsi qu’il l’a promis ».
Du coup, la relégation du MSP à la troisième place du podium par les résultats officiels de l’ANIE augure d’ores et déjà son retour à la charge de cette formation pour contester les résultats et opérer un recours auprès du Conseil constitutionnel.
Concernant la participation à ce scrutin, le président de l’ANIE a annoncé un total de 5 625 324 électeurs qui ont voté lors des législatives du 12 juin, dont le nombre des suffrages exprimés était de 4 602 365 alors que le nombre de bulletins nuls était de 1 016 220.
Ceci équivaut à un taux de participation établi à 23,03%, qui témoigne du très fort taux d’abstention ayant marqué cette consultation populaire. Les 30,20% représentant la moyenne de taux de participation, annoncé samedi par le même responsable au niveau de l’ANIE, laisse donc place au taux réel de participation, synonyme, une nouvelle fois, du refus de l’écrasante majorité des Algériens inscrits sur les listes électorales à aller s’exprimer dans les bureaux de vote.
En effet, ni les objectifs de changement assignés à ce rendez-vous électoral par les pouvoirs publics, ni la campagne électorale menée par la majorité des candidats à la députation au bénéfice du droit et devoir de voter du citoyen n’ont pu avoir raison du désaveu populaire à une institution comme l’APN qui aura été l’un des fondements ayant servi à faire régner un Président durant près de quatre mandats.