Le Centre national pédagogique et linguistique pour l’enseignement de tamazight (CNPLET) organise, en collaboration avec le laboratoire Paragraphe (université Paris 8 et Cergy-Pontoise), un colloque international sur tamazight les 28 et 29 novembre prochain à Alger.

La 11e édition de cette manifestation scientifique, qui va réunir des chercheurs, spécialistes des sciences du langage, sera organisée sur la thématique «Vers une didactique des langues maternelles : quels impacts sur l’enseignement de tamazight et sa promotion ? Quel est le rôle du numérique pour favoriser sa diffusion ?» La problématique que soulève ce colloque tourne principalement autour de la réalité de l’enseignement de tamazight en Algérie. Les organisateurs du colloque s’interrogeront sur la nature de la démarche à suivre afin de prendre en compte le pluralisme linguistique intra et inter-dialectal : amazigh/arabe algérien. Une autre question sera débattue, liée à la prise en charge l’enseignement des langues maternelles et l’incidence de son statut de langue nationale et officielle sur les méthodes de son enseignement, ses manuels et les défis auxquels elle devrait faire face et les implications de certaines attitudes sociales. Il sera aussi question de l’apport des TIC pour le développement de la langue amazighe en analysant, d’une part, sa présence sur le Web et les réseaux sociaux et, d’autre part, sur l’importance du numérique pour sauvegarder et diffuser une langue. La promotion de tamazight a réalisé des avancées remarquables, à l’instar de sa consécration comme langue officielle dans la Constitution de 2016, mais tout reste à faire pour que cette langue devienne un outil pratique dans les échanges partout dans le pays. Son «enseignement rencontre des problèmes de fixation d’une/des norme (s), de didactique et de modalité de prise en charge de l’arrière-plan culturel de chaque variété géolectale», relève-t-on dans la lettre de motivation du colloque. La réalité socioculturelle engage à «reconsidérer le curriculum de formation des licenciés formateurs, futurs enseignants et cadres administratifs», car les difficultés auxquelles tamazight fait face, notamment dans l’enseignement de ses variantes, sont nombreuses, y lit-on encore.