Cinq matches, trois défaites et deux nuls. C’est le maigre bilan que présente l’Angleterre sur ses dernières sorties en Ligue des Nations. Certes, le groupe H est relevé avec la présence de l’Italie et de l’Allemagne, mais la gifle reçue à domicile contre la Hongrie (0-4) est difficilement excusable. Les Three Lions ont d’ailleurs été sifflés par leurs supporters lors de la dernière défaite en terre transalpine vendredi (1-0). Les huées visaient notamment un homme, Gareth Soutgate.
Si les résultats sont (très) mauvais, pour le sélectionneur anglais, l’heure n’est pas à la remise en question. La Coupe du monde approche, et si les fans veulent faire résonner «football is coming home» de nouveau, l’union nationale est de mise. «On ne peut pas réussir avec des supporters contre nous, ou si vous (la presse) n’êtes pas chaleureux à notre égard» a rappelé Southgate.
Sous le feu nourri de l’impitoyable presse sportive anglaise angoissée à l’idée de voir cette génération échouer encore une fois, celui qui a mené ses hommes jusqu’en finale du dernier Euro tente de prendre du recul : «Je suis dans le football depuis 30 ans. (…) J’ai à peu près tout vu. J’ai vu le cycle de la guerre avec les médias. J’ai vu l’amour absolu. Nous sommes quelque part au milieu de tout cela».

« Je ne suis pas arrogant”
Une fois les griefs contre les journalistes évacués, Southgate a tout de même admis que quelque chose n’allait pas. A commencer par le secteur offensif, avec un seul but marqué sur les cinq dernières sorties : «Ce n’est vraiment pas évident de déterminer pourquoi nous ne marquons pas.» Avant de rejouer la carte de l’union à tout prix, en évoquant le nouveau revers contre l’Italie : «C’est difficile pour moi d’être trop critique de notre performance. Nous avons eu davantage la possession, plus de tirs, plus de tirs cadrés. Pendant une bonne partie du match nous avons très bien joué. Il y a eu beaucoup de bonnes prestations individuelles, et la performance collective est un pas dans la bonne direction.»
Southgate a beau protéger son équipe, il faut bien que la responsabilité des dernières débâcles pèse sur les épaules de quelqu’un. Et puisqu’il faut que ses joueurs partent le plus sereinement possible au Qatar, alors ce sera sur les siennes : «Je ne suis pas idiot. (…) Je sais qu’au final je serai jugé sur ce qui se passera au Mondial». Et histoire de bien faire passer le message, il a mis, à demi-mot, son poste de sélectionneur en jeu : «Les contrats n’ont pas d’importance dans le football car les entraîneurs peuvent avoir des contrats de trois, quatre ou cinq ans et vous acceptez que, si les résultats ne sont pas assez bons, il faut prendre des chemins différents. Pourquoi serais-je différent ? Je ne suis pas assez arrogant pour penser que mon contrat va me protéger d’une quelconque manière.»
Lui qui est lié à la fédération anglaise jusqu’en décembre 2024 avait une belle occasion hier soir, à l’heure où nous mettions sous presse, contre l’Allemagne de calmer la grogne, et tenter par miracle de se maintenir en Ligue A en Ligue des Nations. Ou bien de voir l’horizon s’assombrir un peu plus. n