Le Maroc a brillé lors de la Coupe du Monde 2022 au Qatar en parvenant à se qualifier en demi-finale de la prestigieuse compétition. Cette performance n’a jamais été réalisée par une sélection africaine par le passé. La campagne des « Lions de l’Atlas » était chapeautée par le jeune technicien Walid Regragui. Ce dernier a remplacé, au pied-levé, Vahid Halilhodzic qui avait qualifié les Marocains pour le tournoi planétaire. Et on ne peut pas dire que l’ancien sélectionneur de l’Algérie
ait digéré ce fâcheux épisode qu’il considère comme une trahison si l’on se fie à sa dernière sortie médiatique à ce sujet.

Par Mohamed Touileb
« Bravo et merci à Vahid. Il a fait le job de son côté, on a joué avec le groupe qu’il a créé », c’est avec ces mots que Regragui a tenu à rendre hommage à son prédécesseur sur le banc de l’équipe nationale de Maroc. Dans son entretien accordé à la chaîne Arryadia, le driver d’Ounahi & cie a dit être « venu avec ma (sa) mentalité, l’ossature je devais la laisser. Les joueurs m’ont suivi, ce sont eux qui se sont tués ».

Impardonnable
Ainsi, Regragui aura montré plus de classe que la Fédération royale marocaine de football (FRMF), présidée par Fouzi Lekjaâ qui avait décidé de se passer d’Halilhodzic en août dernier. Revenu sur cette séparation brutale, l’ex chef de la barre technique d’« El-Khadra » a montré de l’amertume et même de la colère. « Ils m’ont enlevé ma fierté. Je ne peux pas oublier ça, ni leur pardonner. Parce que ça aurait dû être aussi mes adieux à la carrière d’entraîneur », a-t-il estimé non sans indiquer que l’hommage de son successeur « ne pouvait guérir son amertume ni compenser ce qu’(il) a raté avec tournoi ».
Pour justifier la rupture du contrat, la FRMF a évoqué une décision prise « à l’amiable » et motivée par « de divergences de points de vue au sujet de la préparation des Lions de l’Atlas ». En réalité, Lekjaâ voulait que Mezraoui et Ziyech, blacklistés par le Bosnien, reviennent pour disputer la Coupe du Monde. Une idée qui n’emballait absolument pas coach Vahid. Et il a payé sa persistance de les tenir à l’écart du groupe.

Un seul Mondial disputé… avec l’Algérie
Par ailleurs, ce n’était pas la première fois que l’ancien entraîneur du Paris Saint-Germain connaît une éviction en catastrophe des rênes technique d’une sélection. Cela s’était produit avec la Côte d’Ivoire avant le Mondial 2010 et le Japon quelques à deux mois de la Coupe du Monde 2018, des éditions pour lesquelles il avait qualifié les «Eléphants» et les «Samouraïs Blue».
Il faudra noter que seul l’Algérie lui a permis d’aller au bout de son œuvre en 2014 malgré une mauvaise campagne à la CAN-2013. En termes de classe, la Fédération algérienne de football (FAF) aura été exemplaire. Malgré cela, Halilhodzic avait snobé les décideurs après la CDM-2014 alors que tout le monde insistait pour qu’il reste aux commandes de l’EN. Surtout qu’il était parvenu à qualifier les « Fennecs » pour le deuxième tournoi de la compétition planétaire pour la première fois de l’histoire avant de chuter face à l’Allemagne (2-1) après prolongation. Les Allemands finiront champions du monde au terme de ladite séquence. Avec du recul, Halilhodzic devrait se rendre compte du privilège qu’il a eu en faisant une escale algérienne en carrière. n