Comme annoncé par nos soins, Abderrahmane Hammad (43 ans), sauteur en hauteur par le passé, avait une longueur d’avance sur les concurrents pour être élu président du Comité olympique algérien (COA). Tendance confirmée hier lors de l’Assemblée générale extraordinaire (AGEx) élective qui s’est tenue au siège de l’instance sise à Ben Aknoune. Il a obtenu 105 voix contre 32 pour Mabrouk Karbouâ et 5 seulement pour Soumia Fergani. C’était les trois candidats en lice après le rejet du dossier de Raouf Salim Bernaoui et le retrait, désormais une tradition, de Sid-Ali Lebib dans la dernière ligne droite.

Une majorité absolue comme marque de confiance et un espoir de renouveau. Un nouveau visage pour le COA après celui de Mustapha Berraf en place tout au long des 8 dernières années et qui a démissionné le 12 mai dernier. Familier du sport du haut niveau, Hammad a été largement départagé lors du vote.
Le natif de Dellys a eu 105 voix. Dans le détail, c’est 60 voix des fédérations olympiques, qui accordent chacune quatre voix, et 45 voix des fédérations non olympiques ayant une voix à donner. Derrière, Mabrouk Kerbouâ a eu 32 voix (24 voix des fédérations olympiques) suivi de Soumia Fergani qui en a récoltées 5 (4 voix des fédérations olympiques).
C’est pour dire qu’il n’y a pas eu photo dans cette élection à laquelle 80 membres sur les 90 que compte l’Assemblée générale (AG), dont 22 représentaient des instances fédérales, ont participé.

Lebib a encore fait des siennes
Il faudra aussi rappeler que la Fédération algérienne d’escrime (FAE) n’y a pas pris part car déchue de son statut de membre de droit. Décision prise après les irrégularités constatées dans le retour de Raouf Salim Bernaoui à ses commandes. On notera, par ailleurs, que cette mesure a été prise après avoir récusé la postulation de Bernaoui jugée « anti-statutaire » par le Bureau exécutif du COA. En outre, il y avait un vice de forme dans sa réhabilitation à la tête de la FAE, ce qui l’a rendu illégitime donc inéligible puisque plus membre de droit. A l’épisode Bernaoui, on ajoutera celui de Lebib qui s’est retiré de la course avant l’ouverture de l’AGEx élective. Il a notamment évoqué « l’absence des mesures et les conditions sanitaires exigées par les pouvoirs publics dans ce genre d’évènement » en estimant que la salle qui abrite l’AGEx élective était trop petite pour pouvoir respecter les règles de distanciation sociale. Ce à quoi le COA a répondu. « Je vous fais part de notre étonnement et notre surprise quant au contenu de votre courrier. Comme à votre habitude, à chaque assemblée générale élective, vous invoquez des motifs fallacieux pour justifier auprès de l’opinion publique et sportive votre retrait à la dernière minute », pouvait-on lire dans le communiqué qu’Abdelhafid Izem, secrétaire général du COA, a signé.

Mission: enlever l’étiquette Berraf
Pour revenir à l’évènement de ce samedi et l’élection de Hammad, on notera que son avènement met fin à plus de quatre mois d’intérim assuré par Mohamed Meridja. Le nouveau patron du COA devra répondre à beaucoup d’attentes. Même si ça sera pour le court terme étant donné que sa mission consistera à terminer le mandat en attendant les élections post-JO-2021 pour désigner celui qui mènera le prochain quadriennat olympique.
Dans ce laps de temps, Hammad devra se débarrasser du boulet Berraf. Le triple champion d’Afrique (1998, 2000 et 2002) et – surtout -médaillé de bronze aux Olympiades de Sydney 2000 (Australie) faisait partie de l’exécutif en tant que 2e vice-président du COA. Aujourd’hui, il a été promu par l’AG. Il est devant une belle opportunité pour changer les choses et faire en sorte que les anciennes pratiques cessent. Tout cela ne s’annonce pas comme une mince tâche avec une marge de manœuvre réduite. En effet, Hammad devra continuer à collaborer avec ceux qui travaillaient avec Berraf et suivre le programme établi au préalable pour les Olympiades nipponnes. Des joutes qui interviennent dans un contexte compliqué avec une préparation plombée par la pandémie du Coronavirus. n