C’est un personnage historique du football algérien qui nous a quittés vendredi dernier. Mohand Chérif Hannachi, chairman emblématique de la JS Kabylie, mais aussi ancien joueur du club, a rendu l’âme après une longue maladie. Cela faisait quelques mois que son état de santé s’était détérioré. La terrible nouvelle s’était abattue sur la famille du sport Dz et la balle ronde en particulièrement comme un coup de massue signant la fin d’un chapitre doré des Canaris.

Il aura marqué les esprits par ses accomplissements en tant que président et ses déclarations fracassantes qu’il nous sortait, de temps à autre, pour faire valoir une aura qu’il aura cultivée tout au long de sa présence aux devants des scènes footballistiques algérienne et continentale. Le regretté Mohand Chérif Hannachi a d’abord était défenseur chez les «Lions du Djurdjura» pendant 14 ans durant lesquelles il a gagné 9 titres au total : 6 championnats nationaux (1973, 1974, 1977, 1980, 1982 et 1983), 1 Coupe d’Algérie (1977), 1 Coupe d’Afrique des clubs champions (1981) et 1 Supercoupe de la CAF (1982).
En 1983 il a raccroché ses crampons comptant 3 sélections avec l’équipe nationale d’Algérie pour 1 but inscrit. S’il n’a pas vraiment connu la notoriété en tant que footballeur, il restera dans le milieu après la fin de sa carrière pour continuer à écrire l’histoire et se faire une place éternelle parmi ses pairs.

Triplé en Coupe de la CAF : l’apothéose
En 1993, il devient président de la JSK et le restera pour 24 longues années. Un règne durant lequel la formation glanera 10 consécrations locales et africaines confondues. Le bilan est de 4 couronnes de champions d’Algérie (1995, 2004, 2006 et 2008), 2 triomphes dans Dame Coupe (1994 et 2011), 1 Coupe d’Afrique des vainqueurs de coupe (1995) et, bien évidemment, le mémorable triplé en Coupe de la CAF de laquelle les coéquipiers de Brahim Zafour s’étaient accaparée en 2000, 2001 et 2002.
Cependant, il est toujours difficile de rester au sommet dans le football. Après 2011, le club le plus titré en Algérie a connu une disette et beaucoup de problèmes financiers qui ont précipité la chute de Hannachi de son trône. En août 2017 il est destitué. En février 2018, c’est Chérif Mellal qui lui succède. Une page s’était alors tournée. Le vendredi 13 novembre 2020, le chapitre Hannachi a été définitivement fermé.

Connaissance de foot et reconnaissance de footballeurs
Les hommages étaient nombreux à l’endroit du boss le plus titré dans l’histoire du sport roi en Algérie. Avec 19 trophées brandis en tant que joueur et président, il sera difficile de l’égaler. La famille du foot Dz mesure la perte. Hannachi connaissait parfaitement le football. D’ailleurs, lors de la Coupe d’Afrique des nations 2019 en Egypte, il avait même prédit la consécration de l’EN après le premier match face au Kenya (succès 3-0) assurant qu’elle ira au bout. «Ils (les Verts) vont aller loin. Et ils gagneront la coupe. C’est moi qui vous le dis», c’était signé le Doyen des présidents. L’avenir lui donnera raison puisque Mahrez et consorts, se poseront, le 19 juillet 2019, au sommet de l’Afrique.
Durant ce tournoi, il a, enfin, pu voir Djamel Benlamri porter le maillot de l’Algérie. Hannachi militait pour ça depuis que le défenseur portait la tunique de la JSK. «Je vais vous dire une chose que vous devriez prendre très au sérieux : Benlamri peut jouer arrière droit ou libéro en sélection le cigare à la main. Je le dis et je pèse bien mes mots», avait-il lâché en novembre 2013. Six années plus tard, cela s’était vérifié.
Le défenseur des «Fennecs», bien qu’il n’ait pas quitté Tizi-Ouzou d’un commun accord pour rejoindre l’ES Sétif en 2015, s’est dit «triste d’apprendre le décès du président historique de la JSK. Il était comme un père pour moi et c’est en partie grâce à lui que je suis devenu ce que je suis aujourd’hui. Il a placé sa confiance en moi quand tout le monde pouvait douter de mes capacités. Je n’oublierai pas tout cela», a écrit le central de l’Olympique lyonnais sur son compte Instagram. L’hommage est à la hauteur du personnage Hannachi. Le deuil est là. Comme l’empreinte indélébile qu’il aura laissée aux esprits et dans le football-circus national et continental. n