Le début de la campagne de vaccination contre le nouveau coronavirus promis pour le mois en cours ne devrait souffrir aucun retard. C’est dans ce sens que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a souligné «la nécessité de poursuivre les préparatifs nécessaires pour lancer, janvier courant, la campagne de vaccination contre la Covid-19, suivant une organisation sans faille», est-il indiqué dans un communiqué rendu public à l’issue de la réunion du Conseil des ministres tenue dimanche.
Cette organisation, dont l’exigence est d’être «sans faille», comprend plusieurs volets, dont la mise à disposition des espaces dans lesquelles devraient être stockées les doses de vaccin, la détermination des structures de santé devant accueillir les personnes à vacciner, le personnel médical et paramédical réservé pour l’opération de vaccination, ainsi que le début de la campagne selon le calendrier vaccinal arrêté. Ce sont autant de paramètres qui doivent être maitrisés – en attendant l’arrivée du vaccin russe Spoutnik V choisi par l’Algérie – et qui, selon toute vraisemblance, obligent les responsables à différents niveaux du secteur de la santé à s’activer pour être prêts pour le jour J, à savoir le lancement de la vaccination dont la date n’est pas encore connue. Tout comme celle de l’arrivée du vaccin.
Sur le plan logistique, structures de santé et personnel, plusieurs professionnels du secteur ont assuré que les préparatifs vont bon train et qu’il ne devrait normalement pas y avoir de problèmes, l’Algérie ayant une longue expérience dans le domaine, surtout que le Spoutnik V est un vaccin classique, donc similaire à ceux que le pays à l’habitude d’utiliser. Dans ce sens, le directeur des activités médicales et paramédicales au Centre hospitalo-universitaire (CHU) Mustapha-Bacha, le Pr Rachid Belhadj, a affirmé que les préparatifs sont en cours pour commencer l’opération de vaccination «dans les meilleures conditions possibles».
«Au niveau du CHU Mustapha-Bacha, nous avons beaucoup de moyens de conservation adéquats, à une température de 2°C à 8°C, et nous avons mobilisé l’ensemble de notre personnel, soit plus de 100 médecins, sachant que la vaccination est un acte médical qui doit être acté et pour lequel on délivre un document», a-t-il ajouté, lors de son passage hier sur les ondes de la Radio nationale. Confiant, il a poursuivi que les services de santé possèdent «une solide expérience, datant du début de l’indépendance, pour mener à bien» l’opération de vaccination.
Les moyens se mettent
en place
Ces sont des propos qui versent dans le même sens que ceux du Dr Mohamed Yousfi, chef de service des maladies infectieuses à l’Etablissement public hospitalier (EPH) de Boufarik. «Maintenant que l’antidote choisi est connu, étant un vaccin fabriqué selon des procédés classiques dont les conditions de conservation et la chaine de froid sont maitrisées dans le pays, dès que la stratégie de vaccination sera arrêtée et le vaccin réceptionné, il ne restera qu’à mettre en branle les structures de vaccination». Et dans ce cadre, a-t-il noté, «nous avons un avantage de disposer d’une infrastructure sanitaire qui encadre l’ensemble du pays». D’autres responsables au niveau de structures sanitaires de plusieurs wilayas du pays ont affirmé que les préparatifs vont bon train et se sont montrés confiants. Ces préparatifs ont commencé depuis plusieurs jours déjà, soit depuis la mise en place par le Premier ministre des deux Task force, l’une sous la houlette du ministère de la Santé et l’autre du ministère de l’Intérieur. L’ensemble des responsables concernés (directeurs de santé publique des wilayas, directeurs d’hôpitaux et autres) ont été destinataires d’une note les invitant à recenser les espaces où peuvent être stockés les vaccins, à mobiliser le personnel nécessaire. En fait, les moyens sont disponibles tant pour le transport que pour le stockage du vaccin, a-t-on assuré, cela outre le fait que le personnel de la santé est déjà rôdé à ce genre d’opérations.
Ainsi, la machine devant permettre la vaccination s’est mise en branle et il ne reste qu’à connaitre la date du début de la vaccination, cette dernière restant, pour l’heure, la grande inconnue et dépendant, bien évidemment, de l’arrivée du vaccin. Des médecins ont déploré qu’il n’y ait pas encore eu de «communication officielle concernant les précisions de la stratégie de la campagne de vaccination et sur la campagne de sensibilisation pour inciter les gens à se faire vacciner». Cela d’autant qu’une partie des Algériens a montré son appréhension quant au fait de se faire vacciner sans être bien informée et, surtout, sans connaitre les effets secondaires de ces nouveaux vaccins, selon leurs dires.
Pour l’heure, il est attendu que la vaccination commence au cours de ce mois, ce qui a été, encore une fois, confirmé par le Président Tebboune avant-hier. Pour rappel, c’est le 20 décembre dernier, dans un tweet, qu’il a instruit le Premier ministre à présider «sans délai» une réunion pour choisir le vaccin anti-Covid-19. La réunion s’est tenue le 21 décembre et les choses se sont accélérées depuis : installation de deux Task forces, choix du vaccin Spoutnik V et signature par les autorités sanitaires d’un contrat de gré à gré avec le laboratoire russe qui livrera les premiers lots de vaccin. A l’issue d’une réunion du gouvernement le 30 décembre, le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, avait délivré une autorisation d’urgence pour le vaccin russe. <