Face aux catastrophes naturelles, notamment les secousses telluriques, une culture du risque dans la population s’avère nécessaire. Il s’agit de préparer les personnes à affronter, physiquement et mentalement, les catastrophes majeures, dépassant le stade ultime qu’est l’action d’urgence.

Très estimés au sein des populations, les sapeurs-pompiers se sont lancés, depuis hier, et pour une semaine, dans une véritable bataille de sensibilisation contre les risques majeurs, dont les séismes dans la wilaya de Biskra qui a enregistré ces derniers mois une série de secousses.
Le coup de starter de cette caravane a été donné par le wali de Biskra, Hmad Kerroum, qui a félicité cette initiative du département du colonel Lahbiri. Il a indiqué que « cette opération est venue au moment où la région connaît des secousses telluriques », avant de féliciter le directeur général de la Protection civile pour « son organisation cette semaine dans la wilaya et sa région ». A cet effet, un simulateur sismique a été installé au centre-ville testé par des écoliers. Pour le chef du bureau des risques naturels, le commandant Abdelkader Chergui, « le camion simulateur est l’élément central de ces animations pédagogiques, car il va permettre aux enfants de vivre une expérience représentative de la secousse sismique et de faire, ainsi, l’expérience de leurs réactions émotionnelles ». Pour lui, l’enfant s’inscrit dans une démarche où il est «acteur». Il a donc la possibilité d’agir sur son environnement. Intervenant lors du lancement, le premier responsable de la communication des Tuniques rouges, le colonel Farouk Achour dira que « cette campagne a pour objectif de vulgariser les précautions à prendre afin de limiter les dégâts humains et matériels causés lors des tremblements de terre, notamment pour une région hautement sismique ».

 

Des erreurs à éviter
Lors de ces caravanes à travers la wilaya, les éléments de la Protection civile, forts de leur expérience dans les missions de sauvetage, s’attelleront à expliquer à la population la façon d’agir face à de telles situations de catastrophe et le comportement qu’elle devrait adopter avant, durant et après le phénomène. Un accent particulier sera mis à l’occasion sur «l’identification du séisme en tant que phénomène naturel avec lequel on doit coexister, ainsi que les erreurs à éviter afin d’assurer la sécurité des personnes, particulièrement les réflexes à adopter par les enfants en classe, comment sortir, comment se regrouper dans la cour de récréation, entre autres».
Panique, fuite, cris et pleurs sont les comportements les plus visibles au moment du tremblement de terre. Les spécialistes affirment que ce sont des attitudes qui renseignent sur « l’absence d’une culture de prévention » et « de gestion des événements de très grande intensité » chez les citoyens.

 

Déficit en matière de pédagogie
« Il y a un grand déficit en matière de pédagogie, car la culture sismique n’a bénéficié d’aucun intérêt, que ce soit dans les écoles ou dans les médias. A l’école, on n’enseigne pas le séisme et ses impacts aux enfants et on ne leur inculque pas le comportement idoine en cas de tremblement de terre. Même dans les activités parascolaires, cet aspect est complètement éludé », dira le responsable de la Protection civile. Pour le commandant Abdelkader Chergui, l’objectif est que le « citoyen doit essentiellement savoir que l’Algérie est un pays qui se trouve dans une zone à sismicité modérée, voire moyenne. Il y a une activité de temps en temps avec une sismicité faible alors, il ne faut pas que la population panique dans les cas de catastrophes. C’est le message qu’on veut transmettre aux citoyens à travers les médias, d’où l’importance de connaître la conduite à tenir lors des risques naturels ou technologiques dans son milieu et son environnement, cela s’inscrit dans la cadre de la prévention ».