Les magasins d’électroménagers, d’articles ménagers et de décoration, de literies et tissus d’ameublement, d’articles de sport, de jeux et de jouets, les lieux de concentration de commerces, les salons de coiffure pour hommes et femmes ainsi que les pâtisseries et confiseries sont sommés depuis hier de baisser rideau à partir de 15 heures sur décision du Premier ministère à la suite de la recrudescence, ces derniers jours, de la pandémie de la Covid-19 . Les commerçants concernés contestent une telle mesure la qualifiant même «d’injuste», arguant qu’ils ne sont nullement responsables de l’accélération de la propagation du virus. C’est ce rapporte à Reporters le président de l’Union des commerçants algériens (ANCA) Hadj Tahar Boulanouar.
Ce responsable avance «comme si cette mesure allait servir à freiner la vitesse de circulation de la Covid-19 alors que ce n’est pas du tout évident ». Expliquant dans ce sens : «J’en veux pour preuve que depuis le premier confinement au printemps dernier tous les commerçants, tous secteurs confondus, et à de très rares exceptions se sont non seulement soumis aux mesures barrières de protection contre le virus, mais aussi imposé aux clients des conditions strictes avant de fouler leur espace de vente, à savoir le port du masque obligatoire et limiter leur nombre dans l’espace de vente. Alors de là à les cibler, c’est en quelque sorte ignorer une triste réalité. N’a-t-on pas assisté en direct à des comportements irresponsables : des clients qui portaient bavette à l’intérieur d’un commerce ont vite fait de l’enlever à leur première enjambée au-dehors ». Notons que le président de la section «commerce meuble» au sein de l’ANCA, Djaber Bensdira, contacté par nos soins, s’indigne lui aussi de la mesure en question. « Vous vous imaginez non seulement je dois baisser rideau sur mon espace de vente qui s’étale sur une surface de plus de 5 000 m² à un moment où l’activité bat son plein. Sans parler de libérer ma vingtaine d’employés. Un manque à gagner considérable et des salaires à assurer. En clair, cette mesure de fermeture à partir de 15 heures ne nous arrange pas d’autant plus que nous la considérons comme irréfléchie dans le sens où ce n’est pas en procédant ainsi dans le circuit commercial du pays que le virus va diminuer». Poursuivant : «A mon avis, il aurait été plus utile aux pouvoirs publics de se focaliser sur la voie publique là où les mesures barrières sont complètement ignorées par des personnes qui, je crois, n’ont pas encore saisi la gravité de la situation et de l’impératif de se conformer aux mesures barrières qui peuvent mettre à l’abri du risque de contamination des populations entières». Reporters a tenté de prendre contact avec le président de l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), Hazab Benchahra, pour un autre son de cloche à propos de ladite mesure, mais sans résultat. <