Par Feriel Nourine
La tournée africaine de Ramtane Lamamra se poursuivait, hier, dans la capitale de la République du Congo, Brazzaville, où le ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger est arrivé dans la soirée de vendredi, suite à une escale à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo.
Sur fond d’un redéploiement sur le continent, clairement affiché par la diplomatie algérienne, la visite à Brazzaville de M. Lamara s’ajoute à la série de destinations en Afrique que ce dernier a inscrites sur son carnet de voyage dans l’objectif de mener des concertations avec les plus hauts responsables des Etats visités sur les questions et les préoccupations africaines de l’heure.
Dans cette logique, le chef de la diplomatie algérienne est parti en République du Congo dans le but de «consolider les relations bilatérales et coordonner la concertation, notamment en ce qui concerne les efforts communs soutenant la paix et la réconciliation nationale en Libye», a-t-il écrit sur son compte Twitter.
«Après mon escale à Kinshasa, j’entame ce soir une visite de travail à Brazzaville. J’attends avec intérêt des rencontres de concertation avec mon homologue, Jean Claude Gakosso, ainsi qu’avec les hautes autorités en vue de renforcer les relations bilatérales et consolider la tradition de concertation et de coordination, notamment en ce qui concerne nos efforts communs soutenant la paix et la réconciliation nationale en Libye», a précisé M. Lamamra.
Dans le cas précis du dossier libyen, la présence du ministre des Affaires étrangères en République du Congo vient manifestement relayer les travaux de la réunion ministérielle des pays voisins de ce pays qui s’est tenue fin août à Alger. Après ce rendez-vous consultatif en présence des ministres des Affaires étrangères de Libye, de Tunisie, d’Egypte, du Niger, du Tchad, du Soudan et de la République du Congo, ainsi que de représentants d’organisations internationales et régionales, place donc au bilatéral entre l’Algérie et l’un des pays voisins présents à la réunion d’Alger pour l’approfondissement des consultations au profit du parachèvement du processus de réconciliation nationale en Libye à travers, notamment la tenue, dans les délais, des élections générales prévues le 24 décembre 2021. Le dossier de ce pays voisin a d’ailleurs été abordé par M. Lamamra dans un entretien accordé à l’agence russe Sputnik. La toute récente réunion dans la capitale algérienne a été qualifiée de «réussite sur tous les plans», a de nouveau affirmé le ministre des Affaires étrangères, rappelant que «la réunion d’Alger est intervenue sur la base des positions claires adoptées par le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, vis-à-vis de la Libye» et que «le Président de la République avait insisté sur plusieurs points concernant la crise libyenne, notamment que Tripoli est une ligne rouge à ne pas franchir et que l’Algérie ne ménagera aucun effort pour soutenir le peuple libyen frère», a rappelé M. Lamamra.
Concernant la médiation de l’Algérie dans le dossier du Barrage de la Renaissance, M. Lamamra a fait savoir que «les pays concernés ont accueilli favorablement les bons offices de l’Algérie, à savoir sa diplomatie apaisante», saluant, par la même, «la pleine confiance des trois parties (Egypte, Ethiopie et Soudan) en l’Algérie».
Tournée à plusieurs volets, la sortie africaine de Ramtane Lamamra traite, par ailleurs, du dosser du terrorisme dans la région sahélo-saharienne. A ce propos, son escale à Kinshasa, sur un message de Abdelmadjid Tebboune à son homologue Félix Tshisekedi Tshilombo, également, et président en exercice de l’Union Africaine, comportant des «propositions concrètes» pour la lutte contre le terrorisme dans cette même région, indique un communiqué du ministère. Inscrit dans le cadre de l’exercice par l’Algérie de son mandat de Coordonnateur de la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent en Afrique, mandat qui lui a été confié par la Conférence des chefs d’Etat et de Gouvernement de l’UA, le message «porte sur la recrudescence de la menace terroriste en Afrique, en particulier dans la région sahélo-saharienne, et comporte des propositions concrètes susceptibles de stimuler l’action des institutions et de renforcer les mécanismes mis en place par l’Union Africaine dans le cadre de la lutte contre ce phénomène», explique la même source. Soulignant que «cette initiative du Président Tebboune participe de l’engagement bien établi de l’Algérie dans la riposte organisée de la communauté internationale contre le phénomène du terrorisme et contre ses causes et manifestations tant locales que régionales et globales».