La forte baisse qui caractérise les prix du pétrole depuis le début de l’été dernier est en train de pousser l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses partenaires au sein de l’Opep+ à se redéployer pour éviter l’effondrement du marché, tout en conservant les intérêts des producteurs et des consommateurs.

Par Feriel Nourine
En ce sens, l’alliance n’a pas hésité à renouer avec la réduction, après plusieurs mois de suppléments mensuels injectés au marché dans le cadre du retour progressif vers son offre d’avant l’accord de réduction.
Après avoir ralenti la croissance de sa production lors de sa réunion mensuelle de début août dernier, l’Opep+ a décidé de geler son programme d’augmentations. Elle est ainsi repassée aux coupes un mois après, lors des retrouvailles de ses membres qui se sont soldées par une réduction de 100 000 bpj.
La 32e réunion des 11 pays membres du cartel et leurs 10 alliés, qui se tient aujourd’hui à Vienne, une première en présentiel depuis plus deux années de restrictions sanitaires imposées par la pandémie de Covid-19, a été précédée par des annonces de réductions plus importantes.
En effet, depuis le début de la semaine, des sources proches de l’Opep indiquent que 23 pays de l’alliance vont se réunir pour débattre d’une baisse de leur production qui pourrait atteindre 1 mbj pour le mois de novembre.
L’alliance a annoncé samedi que sa réunion de mercredi se tiendrait en présentiel à Vienne, une première depuis mars 2020 et l’émergence de la pandémie de coronavirus, alimentant les rumeurs de coupes drastiques de sa production.
«Les membres du groupe ont déjà entamé des discussions sur la réduction des quotas de production de 500 000 barils par jour à un million», prédisent certaines sources, alors que d’autres informations font savoir que «le cartel envisagerait une réduction de plus d’un million de barils par jour pour compenser les récentes baisses» des cours.
La diminution de la production du cartel viserait à soutenir les cours, qui ont reculé ces derniers mois en raison des craintes de ralentissement de la demande provoqué par une récession en marche.
L’alliance estime que le marché mondial est en train d’enregistrer un excédent plus important qu’anticipé cette année en raison de l’augmentation des prix de l’énergie et du durcissement des politiques monétaires, qui freinent la demande.
Alors que les perspectives économiques se détériorent à travers le monde, l’Opep+ n’a visiblement d’autre choix que de faire baisser encore son offre. Elle semble, cependant, également obligée de fermer davantage ses robinets, sachant que la coupe de 100 000 bpj décidée pour le mois d’octobre n’a pu arrêter la baisse des cours sur le marché.
Les deux références de brut ont poursuivi leur baisse, affichant une baisse de près de 30% par rapport aux pics atteints en mars dernier, quelques semaines après le début de la guerre en Ukraine.
Les cours ont, néanmoins, entamé un rebond ces derniers jours, sur fonds d’annonce de fortes réductions en provenance de l’alliance. Hier, à J-1 de la réunion de l’Opep+, le Brent de la mer du Nord poursuivait sa remontée pour afficher un prix de 92 dollars vers 16h, en nette hausse de 3,53%.
Même tendance haussière chez le West Texas Intermediate (WTI), avec un rythme soutenu qui l’a porté à 86,56 dollars le baril, lui faisant gagner 3,50%. <