Comme attendu, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses partenaires n’injecteront pas de quantités supplémentaires à son offre durant le mois de décembre prochain. Ils reconduiront le même supplément de 400 000 barils par jour en cours depuis début août dernier.

Par Feriel Nourine
L’Opep+ a tenu, jeudi, sa réunion ministérielle pour prendre cette décision que certains de ses membres, dont l’Arabie saoudite, avaient déjà implicitement annoncée à l’approche de ces retrouvailles des pays de l’alliance par visioconférence.
Les 13 membres de l’Opep et leurs 10 alliés se sont engagés, en avril 2020, dans l’accord de réduction qui a permis au marché d’être tiré de son effondrement causé par une crise sanitaire de covid-19 ayant mortellement réduit la demande mondiale de brut. S’en est suivi une remontée des prix portée par la reprise de cette demande, hissant les cours nettement au-delà des 80 dollars ces derniers mois.
Ce qui ne semble pas pour autant suffire pour convaincre l’alliance de rompre avec la prudence qui lui a servi de carte maîtresse dans sa bataille des prix et leur maintien à des seuils suffisamment respectables pour pouvoir affronter une éventuelle nouvelle chute de la demande, celle n’étant pas écartée face à une quatrième vague de plus en plus menaçante et qui montre déjà ses signes dans quelques pays, à l’exemple de la Russie et de l’énergétivore Chine.
Ceux qui appellent à une ouverture plus généreuse des robinets de l’Opep+ devront donc patienter encore avant de voir l’alliance exécuter favorablement leur vœu. A commencer par les Etats-Unis qui renouent ces derniers jours avec leur pression exercée sur les pays producteurs pour les inciter à inonder le marché. Et en réplique à la décision de l’Opep+ de maintenir inchangé son supplément de 400 000 Bj, le porte-parole du Conseil américain à la Sécurité nationale n’a pas tardé d’affirmer que les Etats-Unis allaient «examiner la gamme complète d’outils» à leur disposition pour remédier au «déséquilibre entre l’offre et la demande» de pétrole, qui fait monter les prix. «Le moment est venu pour les principaux pays producteurs de stabiliser les prix de l’énergie et de s’assurer que les prix élevés n’entravent pas la reprise économique mondiale actuelle», a-t-il ajouté semblant évoquer une initiative coordonnée des pays consommateurs pour puiser dans les réserves.
«Nous avons discuté avec des pays consommateurs d’énergie et nous allons examiner la gamme complète d’outils à notre disposition pour renforcer la résilience et la confiance du public», a conclu le responsable américain. A son tour, le président américain Joe Biden a affirmé qu’«il existait d’autres outils dans l’arsenal que nous devons utiliser avec d’autres pays au moment opportun». Une réponse à une question de la presse sur un éventuel feu vert de l’administration américaine pour l’utilisation des réserves stratégiques.
Mais vendredi, au lendemain de réunion de l’Opep+, le marché doutait de la possible utilisation des réserves stratégiques de brut, permettant aux cours de reprendre leur souffle après s’être rétractés la veille, sous l’effet rumeurs allant dans ce sens.