Le gouvernement allemand s’attend à une croissance plus faible et à une inflation presque deux fois plus forte que prévue pour 2022, en raison de la guerre en Ukraine qui plombe particulièrement son économie, selon de nouvelles prévisions dévoilées mercredi. Le produit intérieur brut (PIB) devrait connaître une hausse de 2,2% cette année, contre 3,6% prévu en janvier, et l’inflation se hisser à 6,1%, contre 3,3% attendu précédemment, a indiqué le ministre de l’Economie Robert Habeck, lors d’une conférence de presse. «Les risques pesant sur la conjoncture s’aggravent. Après deux années de pandémie, la guerre de la Russie (contre l’Ukraine) ajoute un poids supplémentaire», a-t-il commenté. L’Allemagne «paie le prix» pour son soutien à l’Ukraine contre l’agression de la Russie, a déclaré le ministre de l’Economie Robert Habeck. «Nous devons être prêts à payer ce prix», a-t-il ajouté. Par sa forte dépendance au gaz russe et le poids de son industrie, qui souffre des problèmes d’approvisionnement aggravés par la guerre, la première économie européenne est particulièrement exposée aux conséquences du conflit déclenché par Moscou. Ce phénomène fait exploser les prix de l’énergie, alimentant une inflation galopante, qui a atteint 7,3% en mars dernier, affectant le pouvoir d’achat des ménages et des entreprises. L’économie allemande, et notamment son industrie exportatrice, est par ailleurs toujours freinée par les perturbations sur les chaînes d’approvisionnement apparues avec la pandémie de Covid-19. Les sanctions contre la Russie, un partenaire économique jusque là important de l’Allemagne, plombent également l’activité. Cette révision à la baisse ne prend pas en compte le scénario d’une suspension des livraisons de gaz ou d’un embargo décidé par les Européens , qui auraient pour conséquence une «récession», a prévenu M. Habeck. Après la décision de Gazprom de suspendre, dès mercredi, les livraisons de gaz vers la Bulgarie et la Pologne, arguant de leur refus de payer en roubles comme exigé par Moscou, l’Allemagne craint d’être le prochain pays sur la liste. D’autant que Berlin est par ailleurs sous pression croissante de ses alliés pour approuver un embargo sur le gaz russe. Berlin tente toutefois par tous les moyens de diversifier ses fournisseurs, et est parvenu à abaisser à 35% ses importations au gaz russe, contre 55% avant le conflit, selon M. Habeck. Reste que le pays pourrait enregistrer une récession de 2% cette année en cas d’arrêt des livraisons de gaz russe, selon une récente étude de la Bundesbank. Avec une croissance de 2,8% l’an dernier, la première économie européenne avait déjà affiché une moins bonne performance par rapport à ses voisins européens, à cause des pénuries en composants et matières premières. Le choc de la pandémie de Covid-19 avait entraîné une récession de 4,6% en 2020. n