Hier, lors du succès en déplacement chez Crystal Palace en Premier League pour le compte de la 34e journée, Riyad Mahrez n’a pas joué. Si son entraîneur Pep Guradiola s’est passé de ses services, ce n’est pas parce qu’il n’a pas confiance en ses moyens. C’était plus pour le ménager sachant que le championnat est quasi-plié. Désormais, c’est sur la Ligue des Champions et la seconde manche contre le Paris Saint-Germain dans deux jours que les yeux sont rivés. Le Vert est enfin devenu un homme des grands matchs. Retour sur un retour au premier plan fascinant et plein de résilience et d’abnégation.

Par Mohamed Touileb
Il a pu s’imposer en dépit de toutes les difficultés. Aujourd’hui, Riyad Mahrez est clairement devenu une pièce importante dans l’échiquier de Pep Guardiola. L’Algérien a fini par gagner la confiance de son coach et ses louanges. Tout n’a pas été facile pour se faire une place dans un effectif pléthorique. Mais l’abnégation et -bien évidemment- le talent ont pesé pour que le driver ibérique se rende à l’évidence qui dit que le gaucher est un joueur fantastique.
Ce qu’il fallait retenir de la déclaration du technicien catalan après le succès 2 buts à 1 chez les Paris Saint-Germain en demi-finale de Ligue des Champions, c’est le lien entre Mahrez et la faculté à répondre présent dans les moments cruciaux. « Riyad, c’est quelqu’un qui ne ressent pas la pression, il gère très bien ces grands rendez-vous », a estimé l’ancien entraîneur du FC Barcelone et du Bayern Munich qui a déjà eu de grands footballeurs sous sa coupe. C’est juste pour situer le génie et la force psychologique du natif de Sarcelles à l’apparence frêle mais au mental extrêmement solide.

Mode Champions League activé
En matière de gestion de pression, sa faculté ne suscite aucun doute. Comme face au Nigéria en demi-finale de la CAN-2019 avec la sélection, Mahrez a donné, sur un coup franc, une victoire vitale aux Citizens pour les qualifier virtuellement en finale de LDC. Un couronnement continental plus que jamais proche à condition de finir le travail mardi pour le compte de la seconde manche. Contrairement à l’édition écoulée quand les Mancuniens s’étaient faits sortir par l’Olympique lyonnais dès les quarts, le Fennec se retrouve d’entrée sur les pelouses européennes se montrant hautement déterminant. Sur les 4 dernières sorties en C1 dans lesquelles il a débuté, le numéro 26 a délivré 2 passes et inscrit 2 buts pour permettre aux siens de survivre dans cette campagne prestigieuse. Dans ce tournoi, le milieu-offensif a pris part à 32 rencontres depuis le début de sa carrière avec une implication dans 20 buts (8 réalisations et 12 offrandes). Certes, en matière de ratio, cette séquence 2020-2021 et la moins conséquente puisqu’il a eu un retard à l’allumage avec ses 6 premières apparitions où il n’a pas pu se montrer vraiment à son avantage sur le plan comptable. C’est un peu à l’image de sa première moitié de l’exercice qui aura été compliquée sur le plan individuel pour ce qui est des stat’ brutes en dépit d’un temps assez considérable passé sur les pelouses. L’efficacité n’était pas au rendez-vous avec seulement 6 buts pour 3 passes D en 25 apparitions dont 19 comme titulaire.

Le créatif prédomine sur le décisif
Malgré ce passage à vide, Mahrez a retrouvé la plénitude de ses moyens depuis le mois de février. En tout, c’est 14 titularisations sur les 18 dernières sorties de son club pour une copie de 6 réalisations et 4 « assists ». Certains peuvent penser que c’est moyen mais il faut savoir que ce que le Dz apporte au jeu des « Skyblues » va bien au-delà de l’aspect purement numérique. Surtout quand on est coaché par quelqu’un qui a une approche philosophique du jeu. Donc, l’analyse est assez profonde. Mahrez apporte de la profondeur, de la technique et beaucoup de caractère dans un dispositif où la rigueur tactique est une exigence constante. D’ailleurs, au sorti du match au sommet contre les Parisiens, Guardiola n’a pas manqué de relever que « Riyad a très bien joué. Il est vraiment bien ces derniers mois. Il a vraiment très bien joué, avec de la personnalité.» Il faut dire que si Mahrez n’en avait pas, il ne serait pas fait une place dans le onze d’un club où les places sont extrêmement chères et la concurrence impitoyable.
Pour sa troisième saison, il peut décrocher un triplé. Après avoir remporté l’EFL Cup (Coupe de la Ligue), Man.City, peut être sacré dès aujourd’hui si jamais Manchester City, actuel dauphin, perd contre Liverpool (16h30). Aussi, en LDC, l’équipe est en ballotage favorable pour se hisser en finale. Tout cela augmente les chances de Mahrez pour être primé joueur africain de l’année 2021 mais aussi d’être proche du Top 3 Mondial pour le Ballon d’Or.