Le moudjahid et ancien officier de l’ALN responsable de la wilaya IV historique Lakhdar Bouregaâ sera présenté devant le juge de la chambre d’accusation de la Cour d’Alger au Ruisseau (Bir Mourad Raïs), demain. Sa comparution intervient quelques jours après que le collectif d’avocats chargé de sa défense ait introduit une demande de mise en liberté provisoire, considérant que M. Bouregaâ est innocent des charges d’atteinte à l’unité nationale et à l’image de l’ANP portées contre lui lors de son arrestation le 29 juin dernier.
Pour rappel, Lakhdar Bouregaâ a été placé sous mandat de dépôt le 30 juin par le juge d’instruction du Tribunal de Bir Mourad Raïs. Il est poursuivi pour « humiliation d’un corps constitué et démoralisation des troupes d’armée », en application des articles 75, 144 et 146 du code pénal. Sa mise en détention préventive aurait été motivée par ses déclarations au forum des «forces de l’alternative démocratique» sur l’Armée de libération nationale, et sur le chef d’état-major, Ahmed Gaïd Salah, selon des avocats du collectif de défense.
Dans une réaction sur sa page Facebook, l’intellectuel et homme de médias Fodil Boumala, proche de M. Bouregaâ, a souhaité que « la justice corrigera cette erreur symbolique, politique et morale ».
Un des membres du collectif de défense, Maître Salah Abderrahmane, a indiqué à Reporters que son client « a fait des déclarations sur des événements politiques, historiques qu’il avait vécus» personnellement. Il souligne que ses propos ont été mal interprétés et qu’il a parlé de l’ALN « à partir de séquences vécues personnellement » et non sur l’ANP.
Et d’ajouter : « Lakhdar Bouregaâ n’est pas le premier a parlé de l’ALN. Des déclarations similaires ont été tenues dans le passé par plusieurs anciens maquisards dont le colonel Salah Boubnider», aujourd’hui disparu.
Stratégie défensive orientée sur des questions de mémoire et d’histoire, hors actualité, de la part du collectif de défense ? Probable.
Sauf que Maitre Abderrahmane ajoute que «Lakhdar Bouregaâ n’a donné qu’une analyse personnelle de la situation politique du pays. Il a exprimé une opinion en sa qualité de citoyen» sur un sujet d’actualité, a expliqué à Reporters l’avocat, vu l’état de crise politique dans lequel s’est trouvée l’Algérie depuis que se pose la question de la gouvernance et du choix dans l’avenir immédiat – processus transitionnel ou élection présidentielle ? A la différence que M. Bouregaâ est d’un tempérament impulsif. Le prévenu, rappelons-le, a eu des déclarations selon lesquelles «le chef d’état-major de l’ANP reproche à des Algériens d’être infiltrés et manipulés par des parties étrangères alors qu’il s’est rendu personnellement à trois reprises aux Emirats et que c’est lui qui avait envoyé les ministres diplomates Lakhdar Ibrahimi et Ramtane Lamamra en tournée d’explication dans plusieurs capitales européennes. Rien de ce qui relève à l’atteinte à l’unité et à la cohésion nationale », conclut Maître Abderrahmane qui se dit «optimiste» s’attendant à voir son client sortir de prison dans la journée de demain.n