Mouloud Hamrouche sera-t-il candidat à la présidentielle d’avril prochain ? Visiblement pas. C’est du moins ce qui ressort de l’interview accordée par l’ancien chef de Gouvernement
(1989-1991) au quotidien El Khabar.
Dans un jeu de questions-réponses qui reproduit en grande partie le contenu de sa contribution publiée, il y a une dizaine de jours sur El Watan, le candidat à la magistrature suprême du pays, en 1999, laisse entendre assez clairement que le scrutin du 18 avril prochain se fera sans son nom sur la liste des prétendants. Il s’inscrit ainsi dans la même ligne de conduite adoptée lors des trois précédents rendez-vous électoraux du genre.
Et pour cause, les élections en Algérie
« n’apportent pas le changement attendu au pays », considère M. Hamrouche. « Les consultations électorales et politiques ont perdu de leur contenu et de leur influence. Elles ont aussi perdu de leur finalité», note-t-il pour exprimer à sa manière son désintérêt pour la toute prochaine présidentielle. Les élections en Algérie
« ne donnent pas la légitimité, n’adoptent pas de programmes et ne donnent pas de pouvoir aux élus », ajoutera-t-il, estimant que cette situation concerne même le président de la République.
Et il dira un peu plus lorsque le journaliste rebondira sur le sujet, pour lui poser la question de savoir pourquoi ne demanderait-il pas les voix des électeurs en 2019 pour faire changer les choses. « Vous m’avez déjà posé la question sur les élections et je vous ai répondu », a-t-il, en effet, rétorqué, après s’être préalablement attardé à expliquer qu’en Algérie, « nous avons la difficulté de comprendre l’Etat et le pouvoir, et les équipes qui se sont succédé à la tête du pays depuis l’Indépendance ont opéré sans jamais arriver à jeter les bases d’un Etat ». « Nous mélangeons tout le temps entre l’Etat et le pouvoir ou le gouvernement. (…) Le problème chez nous est que nous n’avons pas construit l’Etat porté par le projet national et nous n’avons pas institué les instruments du pouvoir (…) Quand l’Etat est absent, les institutions le sont aussi. Autant que le contrôle et l’obligation de rendre compte. Le résultat final est l’absence de la loi », soutient-il. Sur sa lancée, il évoque le rapport de la commission Missoum Sbih sur « les réformes des missions de l’Etat », créée par le président Bouteflika lors de son premier mandat, avant de se demander « où sont les résultats de cette commission ? » « Nous avons en Algérie un problème. Le pouvoir ne gouverne pas parce que les mécanismes de fonctionnement du système, tel qu’il est aujourd’hui, empêchent l’exercice du pouvoir », poursuit le Premier ministre sous l’ère Chadli Bendjedid. Le même constat est valable pour son passage à la tête de l’Exécutif, précisera-t-il, avouant avoir rencontré, lui aussi, « beaucoup de difficultés » qui l’ont « empêché de concrétiser » son programme et « d’avoir les instruments pour réaliser les objectifs et les politiques, y compris les instruments de contrôle ». Mouloud Hamrouche estime aussi que l’opposition a sa part de responsabilité dans cette situation qu’il qualifie
d’« échec généralisé ». Il lui reproche  de « ne pas avoir de programme ni de capacité à l’appliquer », affirme-t-il.
« Et si elle en a un, le gouvernement lui-même n’en a pas », souligne-t-il