C’était le constat d’avant et d’après-match contre le Niger vendredi. Les joueurs de l’équipe nationale se sont accordés à s’indigner de l’état de la pelouse de Mustapha Tchaker. Malgré un net succès 6 buts à 1 contre le Mena pour le compte de la 3e journée des éliminatoires du Mondial 2022, les Verts ont déploré le fait qu’ils ne peuvent pas se produire sur un terrain digne d’un champion d’Afrique et un pays comme l’Algérie. Légitime.

Par Mohamed Touileb
Belle de loin mais loin d’être belle, c’est ainsi que l’on pourrait qualifier la pelouse de l’antre blidéen. Les images qui ont circulé sur le net quelques jours avant la sortie face aux Nigériens étaient trompeuses. Une fois sur place, les Fennecs ont pu constater, de près, l’état catastrophique du gazon. Bounedjah, Belaïli, Benlamri et Oukidja ont même posté des stories sur leurs comptes instagram personels. On y voyait des endroits où il n’y avait même pas d’herbes.
Le constat de Mahrez relayé en Europe
Après la victoire, Islam Slimani et Riyad Mahrez ont ajouté une couche. Ce dernier a même estimé que « la pelouse est très abîmée. C’est presque injouable. Il y a même du sable sur le terrain ! Je ne comprends pas comment un pays comme l’Algérie ne peut pas avoir un bon terrain alors que nous avons apporté la joie aux algériens. C’est incompréhensible ».
C’est tout simplement embarrassant pour le sociétaire de Manchester City qui a l’habitude d’évoluer sur du billard en Angleterre. A partir de là, il a amplement le droit d’être scandalisé. Et il faut dire que les propos d’un gars qui a été nominé parmi les 30 finalistes du Ballon d’Or 2021 ne peuvent que faire le tour du monde. Ainsi, on saura qu’un pays comme l’Algérie n’est même pas fichu de garantir une surface de jeu, qui reste un outil de travail pour un footballeur professionnel, à son équipe nationale. Une sélection qui est championne d’Afrique en titre. Pour sa part, Islam Slimani n’a même pas pu savourer son record historique. L’avant-centre a effacé Abdelhafid Tasfaout de la tête du classement des meilleurs buteurs de l‘histoire de l’EN. Cependant, pour le pensionnaire, il y avait plus de place pour l’indignation que pour la célébration. « C’est tout simplement scandaleux qu’un champion d’Afrique soit contraint d’évoluer sur une pelouse pareille. Ce soir, c’était un réel handicap pour nous », avait-il lâché au micro de la Télévision algérienne.

Le stade 5 juillet en recours ?
Une séquence qui n’aurait certainement pas échappé aux décideurs qui devraient prendre acte de ce coup de gueule. Et là, il n’est pas question de changer le Directeur du stade ou autre mais de faire table rase et de comprendre qui est derrière ce qui s’apparente à un sabotage réel.
En septembre dernier, le sélectionneur Djamel Belmadi était passablement énervé quand il a vu l’état du terrain avant d’accueillir le Djibouti et s’imposer 8 buts à 0.
Le Ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) avait décidé de mettre fin aux fonctions de Kamel Nasri, Directeur de la Jeunesse et des Sports (DJS) de Blida. Cela n’a clairement pas arrangé les choses. On comprend donc que ce n’est pas un problème d’hommes mais de bonnes intentions.
Face à cette situation, les « Verts » pourraient décider de recevoir au stade 5 juillet 1962 (Alger) dans l’avenir puisque l’enceinte de la Ville des Roses ne présente plus les commodités qui leurs permettent de laisser s’exprimer un potentiel footballistique indéniable.