Les agriculteurs activant au niveau de la plaine de Taounza, relevant de la commune de Bennacer Benchohra, située 14 km au sud du chef-lieu de Laghouat, se disent marginalisés par les autorités locales.

de Laghouat, Taleb Badreddine
Dénommée la Mitidja du désert, Taounza est considérée comme la première plaine agricole au Sud, vu l’adaptation de ses terres à toutes les différentes productions agricoles, créée en 1975 dans le cadre de la Révolution agraire, et compte plus de 324 blocs agricoles, et chaque bloc, on trouve 9 lots de 6 hectares. «En 1994, des grandes inondations avaient frappé le village agricole de Bennacer Benchohra où l’eau était montée jusqu’au cou et c’est grâce à la solidarité de l’armée qu’aucun mort n’avait été enregistré…», relate un vieil homme, témoin de ces inondations. « Ces inondations avaient fait des dégâts considérables sur le secteur agricole de la région. Le village agricole a été inondé ainsi que les terres agricoles et les routes ont avaient coupées, ainsi que d’autres conséquences désagréables », ajoute-t-il. Depuis ce temps-là, les agriculteurs, notamment ceux qui activent à l’ouest de Taouanza, souffrent moult problèmes dont la route menant des terres agricoles vers la route de la commune qui se trouve dans un état des plus lamentables. « Depuis ces inondations, de multiples sollicitations ont été engagées auprès des autorités locales pour la réfection de la route qui relie les périmètres agricoles au chef-lieu de la commune de Bennacer Benchohra, en vain », explique l’un des agriculteurs mécontents. « Nos enfants sont obligés, chaque jour, de faire un détour de 8 kilomètres pour arriver seulement à la route, où ils attendent le bus scolaire. Un trajet matinal prend des heures pour des petits enfants. En raison aussi de ce problème, nous rencontrons des obstacles avec le transport de nos produits agricoles ou même les déplacements pour vaquer à nos occupations journalières », précise notre interlocuteur. Le désarroi et le mal sont si profonds que ces hommes de la terre crient leur colère face à l’absence de l’électricité. « Nous avons dû utiliser nos propres moyens et raccorder nos terres au câble électrique de 700 mètres, mais cela coûte des factures d’électricité très élevées. Nous saisissons l’occasion pour réclamer le raccordement au réseau électrique», indiquent-ils. Les agriculteurs en question soulèvent également l’absence du soutien étatique qui est destiné, selon eux, au profit de faux fellahs.
«Nous sommes arrivés à produire autour de 70 quintaux de blé dur à l’hectare et 400 quintaux de citrouilles à l’hectare, et tout cela par nos propres moyens et aucun agriculteur activant aux blocs Ouest n’a bénéficié des différents programmes agricoles étatiques. Même les engrais se distribuent sous des procédures assez strictes et seulement une fois par semaine », affirment-ils. En effet, les agriculteurs sollicitent l’intervention du wali de Laghouat pour constater de visu leurs problèmes. n