L’échéance des élections législatives anticipées se précise de plus en plus. Le souhait du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, de renouveler la représentation parlementaire avant la fin de l’année en cours place d’ores et déjà cette consultation dans l’agenda politique du prochain mois.

«Après l’adoption de la loi organique sur le code électoral, qui doit durer environ un mois, avant d’être soumise au Parlement, et après le référendum constitutionnel, il y aura des élections législatives anticipées», a fait savoir dimanche soir le premier magistrat du pays lors de son entrevue avec deux représentants de médias, le Soir d’Algérie et El Khabar.
Il est ainsi attendu, selon le Président, à ce que cette échéance signe un «renouvellement» du personnel politique siégeant dans les deux chambres du Parlement, visiblement devenu nécessaire au vu des marques de discrédit qui collent à la mandature en cours, notamment depuis les révélations d’un ancien député sur le marchandage mafieux des places sur les listes électorales du FLN, formation politique majoritaire dans les assemblées élues.
Dans le discours du Président de la République, il y a un pari affiché sur «l’émergence de nouveaux élus qui seront des jeunes, des universitaires, des représentants de la société civile», ajoutant que les futurs élus seront dotés de «prérogatives qui leur permettront de lancer des enquêtes» dans une démarche qui servirait à protéger les biens publics.
M. Tebboune s’est appuyé, dans ce sens, sur la succession des procès et des condamnations en cours d’anciens responsables pour désigner une sorte de déchéance morale du personnel politique.
«Vous n’avez qu’à voir ce qui se passe actuellement dans les tribunaux pour faire les conclusions qui s’imposent», a-t-il lâché à ses interlocuteurs, avant de tempérer quelque peu son propos en soulignant que «ce n’est pas tous les députés qui sont corrompus, la majorité est saine».
Plus que jamais donc, l’actuelle composante de l’Assemblée populaire nationale (APN), dominée par le FLN et le RND, vit ses derniers mois avant de libérer la voie à une consultation électorale anticipée qui interviendrait dans un contexte politique particulier, qui ne manquera pas d’aiguiser les appétits dans un champ politique en ruine. Le contenu ou la copie de la loi organique sur le code électoral sera vraisemblablement d’une importance capitale, en ce sens que s’il donne naissance à une assemblée semblable, en profils et en connexion avec les milieux d’affaires et autres trabendistes, à celle qui sera dissoute dans les tout prochains mois, l’échéance anticipée que M. Tebboune souhaite avant la fin 2020, n’aura servi qu’à un ravalement de façade pour la représentation parlementaire.
En attendant que les formations politiques notamment celles qui se verront «sanctionnées» par cette échéance, ne s’expriment à ce propos après s’être précédemment opposées à un tel scénario, il semblerait que l’adoption de la future loi fondamentale par les députés a libéré la voie à la dissolution d’un Parlement en déficit de légitimité. «Il est impératif de procéder, au préalable, à une révision constitutionnelle, car il est inconcevable de renouveler les instances élues avec des lois rejetées par le peuple», a affirmé le chef de l’Etat en Conseil des ministres.
Il a rappelé, par la même occasion que «les promesses électorales sont des engagements sincères dont j’ai entamé la mise en œuvre suivant une stratégie claire et un calendrier bien défini, lesquels nécessitent de notre part davantage de réalisme, loin de toute quête des détails et des formalités au détriment des questions fondamentales inhérentes aux fondements pérennes de l’Etat».
Il a ajouté que le projet de révision constitutionnelle assure toutes «les garanties pour la régularité des élections, aussi bien par la constitutionnalisation de l’Autorité indépendante de surveillance des élections, que par une codification stricte du financement politique, à l’effet de préserver la liberté de la volonté populaire, l’égalité des chances pour le vote et la candidature, pour que la voix de l’électeur soit respectée et la scène politique renforcée par une nouvelle génération d’élus».