Lafarge Holcim Algérie (LHA) a organisé, avant-hier lundi, une journée portes ouvertes à la presse nationale au niveau de la cimenterie de la commune de Hammam Delaâ, au nord de la wilaya de M’sila.

A cette occasion, Christophe Riout, directeur industriel de LHA, a présenté les activités de l’usine de production. Surfant sur une production nationale «stable» qui couvre l’ensemble des besoins locaux, le Groupe Lafarge Holcim Algérie promeut, au-delà du secteur de l’habitat, l’utilisation du béton dans les réalisations routières grâce à sa technique innovante baptisée BCR, «béton compacté routier» utilisée dans la wilaya de M’sila. «Nous développons depuis trois ans trois axes techniques avec les partenaires publics ou privés autour de la stabilisation des sols», indique Ammar Triche, directeur des routes et des infrastructures chez LHA. Il explique que la technique consiste à incorporer un liant hydraulique aux agrégats, ce qui donne un nouveau matériau ayant des caractéristiques permettant un gain de temps au niveau de la réalisation des axes routiers et une plus grande longévité de la chaussée.
Lors de cette visite, les représentants des différents médias ont eu accès au tronçon de route près de l’usine de LHA de M’sila qui exige une chaussée résistante compte tenu du nombre important de semi-remorques qui empruntent l’axe routier, «plus de 700 poids-lourd par jour». «Pour effectuer l’opération de retraitement pour les routes dégradées, on recycle les agrégats déjà présents et on épand un liant directement derrière. Nous avons réalisé ça sur les wilayas d’Alger et de Sétif et, actuellement, nous analysons les résultats de cette technique», indique le représentant de l’entreprise de ciment. Il énumère, par ailleurs, les avantages d’utilisation de matériaux locaux pour le traitement et retraitement de sol, dont l’un des avantages est la diminution du trafic routier pour le chantier. «Plus le projet est important et compliqué plus le gain est grand, notamment en termes de délais de réalisation», assure Ammar Triche. D’autre part, l’innovation BCR est présentée comme offrant également une plus grande durabilité. «Le fait de traiter au liant hydraulique ou au ciment rigidifie le sol, on parle de durée de vie de 20 à 30 ans au lieu de dix ans pour les bitumes traditionnels», affirme le responsable routes et infrastructures chez LHA. Rappelant que la technique du béton compacté routier «vient en complément et non en remplacement des enrobés traditionnels» avec lesquels sont réalisées les infrastructures routières.
Les responsables de la cimenterie Lafarge Holcim de M’sila ont indiqué parallèlement qu’au-delà de «la production de béton de qualité», il s’agit aussi de s’impliquer au niveau local à travers des collaborations, par exemple, dans des projets de réalisation d’infrastructures scolaires et sportives. «Aussi, nous comptons démarrer d’ici le début de l’année 2018, avec des bureaux d’études nationaux, des discussions afin de définir un processus de transfert de technologie, par la formation des équipes des directions des travaux publics, les cadres du ministère de tutelle ainsi que l’ensemble des organismes qui le souhaitent», annonce Amar Triche. Ajoutant qu’il s’agit de former les acteurs locaux des travaux publics pour que ceux-ci acquièrent toutes les techniques liées aux technologies de réalisation d’infrastructures routières. C’est ainsi que le laboratoire de recherche de LHA à Rouiba contribuera au processus de transfert de technologie en assurant des communications autour de son activité de recherche autour des différentes techniques de réalisations routières. «Nous fournissons tout à nos partenaires, de l’accompagnement et le suivi, à la logistique, en passant par la mise en oeuvre», indique l’intervenant.
De son côté, Christophe Riout, le directeur industriel de Lafarge Holcim Algérie, a rappelé les caractéristiques de la cimenterie de Hammam Delaâ. «Il s’agit de la troisième cimenterie Lafarge Holcim en termes de capacité dans le monde après celle en Egypte et celle aux Etats-Unis», indique-t-il, ajoutant que l’usine compte actuellement près de 4 000 collaborateurs en y incluant les sous-traitants. D’autre part, le groupe Lafarge Holcim a investi, en 2016, 170 millions d’euros. «Nous avons, outre la production, une vision à faire de LHA un partenaire local avec l’ensemble de la communauté autour de nos activités», rappelle Christophe Riout. A noter que la cimenterie Lafarge Holcim de M’sila est la plus grande en Algérie.
Elle produit 25 % du marché national, soit 5,4 millions de tonnes par an à partir de 8 millions de tonnes de matière première extraite.