Au cœur d’une crise politique inédite, l’économie nationale semble subir de plein fouet un état de léthargie qui l’entrave. Des secteurs entiers semblent pris dans une nasse bureaucratique et technique que l’anxiété ambiante ne fait qu’exacerber. Le gouvernement actuel, particulièrement fragilisé par la crise politique, tente de susciter «un mouvement dans la léthargie». Comme l’invocation d’un plan de développement des activités de la Sonatrach qui s’inscrirait dans le cadre d’une nouvelle stratégie de développement des hydrocarbures. L’accompagnement par l’Etat de la compagnie Sonatrach semble certes impératif. Mais surtout au travers de l’adaptation du système juridique et institutionnel, de l’aplanissement des difficultés et de la levée des contraintes entravant ses activités. La compagnie nationale ne saurait se départir de sa raison d’être, à savoir couvrir les besoins énergétiques du pays à long terme. C’est un objectif stratégique. Il faudrait étudier sérieusement les voies et les moyens pour redresser l’économie nationale et améliorer l’attractivité des investissements étrangers en Algérie. L’économie, on ne le dira jamais assez, est un vecteur primordial du développement. Il ne saurait y avoir de développement sans une économie forte et performante. L’Algérie détient des possibilités indéniables pour s’installer comme une puissance économique régionale. Mais la mauvaise gestion au niveau politique maintient le pays dans un état de panne qui perpétue le retard dans des secteurs divers. Il reste pour le moins ahurissant que le paiement en ligne en est encore à ses balbutiements. En plein processus électoral, le débat sur l’avenir de l’économie nationale fait cruellement défaut. Même des candidats pour la présidentielle ne semblent pas donner la priorité à l’économie. L’on préfère pérorer sur comment récupérer l’argent détourné par la corruption. L’économie algérienne n’a pas besoin de fonds, elle est en attente de droit, de règles et de compétences administratives et techniques pour pouvoir décoller.