PAR MILINA KOUACI
Le ministère de l’Education nationale semble se rendre à l’évidence de «l’anomalie» qui allait accompagner la rentrée scolaire, pour laquelle on annonçait, sur un ton de satisfaction, l’acquisition de nouveaux établissements tout en fermant curieusement les portes au recrutement des enseignants, notamment les contractuels qui attendent depuis plusieurs années leur intégration.
Ce qui semble désormais possible, puisque le ministère de l’Education a demandé, dans une note, aux directions de l’Education de lui faire parvenir la liste des postes vacants et des enseignants contractuels ayant exercé l’année scolaire passée pour résoudre ce dossier. Le ministre de l’Education aurait même promis, selon des sources parmi les syndicats, de trouver «un mécanisme pour régler le problème épineux du dossier de milliers d’enseignants contractuels». D’autant plus que la livraison de nouveaux établissements est synonyme de nécessité de recrutement parmi les enseignants. Le secteur de l’Education réceptionnera à la prochaine rentrée scolaire 2021/22, 473 établissements scolaires dont 303 primaires et 97 CEM. Le ministre a indiqué que d’autres établissements scolaires sont en cours de réalisation dans quelques circonscriptions administratives d’Alger.
De coutume, lorsque le secteur est doté d‘un nombre considérable d’établissements scolaires, un concours pour le recrutement des enseignants est lancé. Mais à l’heure actuelle, aucune annonce dans ce sens n’a été faite, sachant que les écoles des trois cycles se trouvent en manque d’enseignants, affirment des syndicats du secteur. Des postes vacants à combler qui font incontestablement manquer aux élèves des cours et subir aux enseignants une pression en raison de la non-ouverture de postes budgétaires.
Pour venir à bout de ce déficit pédagogique, dans un contexte où la crise sanitaire sévit, le ministre de tutelle aurait promis aux syndicats enseignants de trouver des mécanismes pour le recrutement des enseignants contractuels, en signe de «reconnaissance professionnelle» à cette catégorie. A en croire Mustapha Kassad, porte-parole de la Coordination nationale des enseignants contractuels, M. Belabed a montré sa disposition à défendre les contractuels auprès des autorités publiques. «Le ministre a exprimé, lors d’une rencontre avec les syndicats du secteur, en prévision de la prochaine rentrée scolaire, qu’il n’était pas motivé pour l’ouverture d’un concours de recrutement», poursuit notre interlocuteur. En revanche, il explique que les enseignants contractuels n’ont reçu aucune garantie ou d’engagement concret de la part du ministre du secteur en faveur de leur intégration directe. Cette catégorie s’apprête à signer, en parallèle avec le lancement de l’année scolaire, les P-V d’entrée pour pouvoir rejoindre leur poste en qualité de «contractuel».
Pour rappel, les enseignants contractuels persistent et signent, leur unique demande est l’insertion directe dans la Fonction publique. Ces derniers réclament l’intégration directe dans les postes vacants sans condition aucune. Une revendication que la tutelle, sous Mohamed Ouadjaout et Abdelaziz Djerad, écartait, compte tenu des lois en vigueur qui interdisent de recruter des travailleurs dans la Fonction publique que par le biais d’un concours de recrutement national.
En juin dernier, l’ex-ministre de l’Education a annoncé, lors du coup d’envoi des épreuves du bac session 2021, qu’un concours de recrutement sur la base de l’expérience et du diplôme aura lieu et que la chance sera donnée aux enseignants contractuels de participer à ce concours en tenant compte de l’expérience et du diplôme. Mais cette corporation estime « insensé» de la soumettre à un concours de recrutement au même titre qu’un nouveau diplômé ou un universitaire qui n’est pas expérimenté. Des diplômés universitaires ont, pour leur part, signé une pétition, soumise au ministre de l’Education, lui demandant d’ouvrir un concours de recrutement au vu de l’amélioration de la situation épidémique.
Quant aux enseignants qui sont sur la liste d’attente du concours de recrutement, organisé au titre de l’année scolaire 2017/18, ils exigent l’affichage des postes vacants et le recrutement des enseignants mis sur les listes d’attente. <