De lourdes peines ont été requises, hier, par le Procureur de la République près le Tribunal de Sidi M’hamed contre les anciens Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, ainsi que l’homme d’affaires, Mahieddine Tahkout, accusé principal dans l’affaire qui porte son nom et dans laquelle il est poursuivi pour plusieurs chefs d’inculpation en lien avec la corruption, dont l’obtention de privilèges, d’avantages et de marchés publics en violation de la législation en vigueur.

En effet, une peine de 15 ans de prison ferme a été requise contre Ouyahia et Sellal et 16 ans de prison ferme pour Tahkout avec des amendes de 8 millions de DA pour chacun et confiscation des biens des trois accusés.
Des peines de 10 ans de prison ferme ont été également requises contre les anciens ministres Youcef Yousfi, Abdelghani Zaalane et Amar Ghoul alors qu’une peine de 20 ans a été annoncée contre Abdesselam Bouchouareb, ancien ministre de l’Industrie, en fuite avec saisie de ses biens et avis d’un mandat d’arrêt international.
Avant l’annonce du réquisitoire, le juge a entendu le représentant du Trésor public qui a réclamé plus de 309 milliards DA de dommages et intérêts à Tahkout et ses associés. Il s’agit, selon le représentant du Trésor public, d’une réparation pour les pertes occasionnées, estimées à 309 milliards, 285 millions et 670 000 DA devant être payée par les prévenus Mahieddine Tahkout, Rachid Tahkout, Hamid Tahkout et Bilal Tahkout ainsi que l’ensemble de leurs associés.
Le représentant du Trésor a également sollicité de voir les anciens ministres poursuivis dans cette affaire, à savoir Abdesselam Bouchouareb, Abdelghani Zaalane, Youcef Yousfi et Amar Ghoul, condamnés au versement d’un montant de 1 million de DA. Il a en outre réclamé des autres prévenus, dont le nombre dépasse cinquante, d’indemniser le Trésor public à hauteur de 1 million de DA, avec la confiscation de leurs biens se trouvant à l’intérieur du pays et à l’étranger.
La veille, quand le président de la séance a donné la parole à l’accusé principal dans cette affaire, Tahkout a tenté de brouiller les cartes, non seulement en plaidant l’innocence mais en enfonçant Ouyahia et Yousfi. Mahieddine Tahkout a nié les chefs d’accusations pour lesquels il était poursuivi, dont l’obtention d’indus avantages et marchés publics, et le fait qu’il ait bénéficié de crédits bancaires de plus de 27 000 milliards de centimes.
Répondant aux questions du magistrat de siège sur le non-paiement de la TVA imposée à tous ses investissement et les indus avantages et marchés publics dont il a bénéficié, notamment la location des bus de transport universitaire à Oran et Alger, l’accusé principal a tenté d’occulter l’appui qu’il a eu de la part des responsables en poste. « En ma qualité d’investisseur connu au niveau national, j’ai réalisé tous les projets d’investissement de mes propres moyens et avec mes fonds et je n’ai jamais obtenu de crédits bancaires ni bénéficié d’autres avantages ou abusé de mes fonctions », a-t-il déclaré. « Toutes mes sociétés ont contribué à la création de 14 486 emplois permanents en consacrant près de 1 200 mds de centimes pour le paiement des salaires », a-t-il souligné, ajoutant que « le salaire le plus bas pour un simple employé oscillait entre 45 000 et 50 000 DA ». Pour ce qui est de la location des bus de sa société à l’Etablissement public de transport urbain et suburbain d’Oran (ETO) et d’Alger l’Etusa, Tahkout a fait savoir que « cette opération s’est effectuée dans le cadre du respect de la loi relative aux marchés publics ».
Tahkout Rachid, frère de l’accusé principal, a nié, quant à lui, toute relation avec cette affaire en déclarant au juge avoir « quitté la société de mon frère en 2013 ». L’autre frère, Abdelhamid Tahkout, qui gérait les deux sociétés de contrôle technique et de transport, a nié, lui aussi, les griefs retenus contre lui.