Dans une tribune publiée, dans la soirée de lundi dernier, sur le site du quotidien français Le Monde, à quelques jours de la cérémonie des Césars qui aura lieu le 28 février, quelque 400 personnalités du cinéma, toutes professions, remettent en cause le fonctionnement de l’Académie. « Nous n’avons aucune voix au chapitre ni dans les fonctionnements de l’Académie et de l’association (l’Association pour la promotion du cinéma, qui gère l’Académie des Césars) ni dans le déroulé de la cérémonie (des Césars). » dénoncent-t-ils. Mathieu Amalric, Jacques Audiard, Jeanne Balibar, Leïla Bekhti, Saïd Ben Saïd, Emmanuelle Bercot, Bertrand Bonello, Elodie Bouchez, Claire Burger, Robin Campillo, Laurent Cantet, Céline Sciamma, Claire Denis, Arnaud Desplechin, Mati Diop, Pascale Ferran, Robert Guédiguian, Marina Foïs, Omar Sy et bien d’autres réclament « une refonte en profondeur des modes de gouvernance de l’Association et des fonctionnements démocratiques qui les encadrent ». Dans un entretien au Journal du dimanche, Alain Terzian, président de l’Académie des césars, avait annoncé des mesures en vue d’instaurer la parité au sein de l’Académie, dont seulement 35% des membres sont des femmes, promettant de conduire une «révolution culturelle». Des mesures que l’Académie a confirmé vouloir engager, dans un communiqué publié dans la soirée de lundi dernier, en commençant par son conseil d’administration qui doit devenir paritaire d’ici la fin de l’année. Nous nous réjouissons de ces changements à venir, mais ils nous semblent insuffisants», protestent les signataires d’une tribune publiée dans la foulée, sur le site du Monde. Ils se plaignent, bien qu’étant membres de l’Académie des Césars, de n’avoir «aucune voix au chapitre ni dans les fonctionnements de l’Académie et de l’Association (qui la régit, NDLR), ni dans le déroulé de la cérémonie». Cérémonie retransmise en clair sur Canal+ depuis 1994, mais dont les audiences sont en chute libre ces dernières années. Parmi les principaux reproches des signataires, «dysfonctionnements, opacité des comptes, génératrice de fantasmes, et des statuts qui «n’ont pas évolué depuis très longtemps» et reposent encore et toujours sur «la cooptation». Quant aux promesses de parité, «il s’agirait de nouveau d’un système de cooptation, vestige d’une époque que l’on voudrait révolue, celle d’un système élitiste et fermé», dénoncent les signataires, réclamant de pouvoir voter directement pour pouvoir élire leurs représentants, comme c’est le cas pour les Oscars et les Bafta (Royaume-Uni). Pour rappel, l’Académie a été créée en 1975 par le journaliste et producteur Georges Cravenne, qui a désigné un collège de fondateurs récompensés par un Oscar comme Claude Berri, Claude Lelouch, Michel Legrand ou Costa-Gavras. Depuis, rien n’a changé ou presque. n