Plus de place au doute, la route pour organiser l’élection présidentielle vers la fin de l’année en cours est balisée. L’outil a été mis en place, hier, avec l’élection de Mohamed Charfi, comme coordinateur de l’Autorité nationale indépendante des élections. Plébiscité à main levée, en présence de Karim Younès, coordonnateur du panel de médiation et de dialogue, Charfi a d’ores et déjà annoncé la couleur. «Notre mission principale est de restituer la parole au peuple pour choisir librement celui qui va le représenter en haut du sommet de l’Etat», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse qui a suivi.
Autour de lui va siéger dans cette Autorité une cinquantaine de personnalités présentées comme étant des «compétences nationales, des acteurs de la société civile et des universitaires», à l’image du professeur Mohamed Cherif Belmihoub et du militant Ghoul Hafnaoui.
Dans la matinée d’hier, et au même moment oû Abdelkader Bensalah procédait «à la signature de la loi organique relative à l’Autorité nationale indépendante en charge des élections, ainsi que la loi organique amendant et complétant la loi organique 16-10 datée du 25 août 2016, relative au régime électoral, après accomplissement des formalités que stipule la Constitution et émission de l’avis du Conseil constitutionnel au chef de l’Etat», selon un communiqué de la présidence. Les deux textes avaient été adoptés, pour rappel, le week-end passé, après trois jours seulement par les deux chambres du Parlement.
Il s’avère donc que le pouvoir est décidé à aller de l’avant malgré les conditions qui, semble-t-il, ne sont pas tellement réunies pour une telle consultation. Les marées humaines qui ont manifesté à l’occasion du 30e vendredi du mouvement populaire, rejetant toute élection avec les symboles du régime en sont la preuve. Aussi, côté classe politique, on est loin du consensus autour de la présidentielle comme seule et unique sortie de l’impasse dans laquelle se trouve pays. Les partis de l’Alternative démocratique rejettent en bloc cette option, tout comme les dynamiques de la société civile. Même du côté des forces du changement, l’adhésion à cette voie n’est pas acquise. La question des candidatures se pose donc avec insistance.
A moins que le pouvoir soit assuré de quelques acteurs politiques favorables. Sur ce plan, on pourrait d’ores et déjà remarquer un changement de discours chez le président de Talaie El Hourriyet, Ali Benflis, qui donne l’impression de se préparer à la course vers la magistrature suprême. «L’horizon semble se dégager. Les perspectives s’ouvrent. L’impasse n’apparaît plus comme insurmontable. Jamais notre pays n’a été aussi proche de la sortie de crise. Et jamais, l’élection présidentielle n’est apparue aussi propice à cette sortie de crise», a-t-il écrit dans une contribution publiée jeudi dernier.
Son parti a estimé, à l’issue de la réunion du Bureau politique, hier, que «le code électoral largement révisé permet l’encadrement de l’élection présidentielle avec des garanties acceptables en termes de libertés, de transparence et de crédibilité». Le parti a même convoqué une session du Comité central pour le 26 du mois courant afin de décider de sa participation à l’échéance.n