Au moment où le Président de la République Abdelaziz Bouteflika a appelé les pouvoirs publics à tendre la main aux agriculteurs et jeunes désirant investir dans ce créneau, une vidéo montrant un agriculteur, dans la localité d’El Hamoul à El Kerma, en colère contre l’expropriation de son terrain, devant abriter la future usine du constructeur français Peugeot, vient relancer le débat sur les terres agricoles qui ne sont, selon toute vraisemblance, pas protégées.

La vidéo qui a été largement diffusée sur les réseaux sociaux a fait le buzz et a été partagée plusieurs milliers de fois. «Qu’est-ce qu’on va manger maintenant ? De l’acier ? Pourquoi vendre cette terre ? Où est le ministre ? Qu’il vienne voir cette agriculture de ses propres yeux», dira l’agriculteur, en tenant une gerbe de blé dans les mains, pour montrer que sa terre est fertile. «On mange de cette terre, pourquoi la vendre ? C’est notre terre, sur laquelle sont morts nos martyrs», a-t-il ajouté.
La personne qui a filmé la vidéo a posé des questions à l’agriculteur : «Ça, c’est de la farine », en montrant le blé. Ensuite, il demande : «Pourquoi veulent-ils prendre cette terre ? » L’agriculteur répond : «Ils veulent construire l’usine de Peugeot. Comme si on manquait de véhicules ! 3 000, 4 000 personnes sont tuées (annuellement) sur nos routes », dira l’agriculteur.
Par ailleurs, il a affirmé que sa terre, d’une superficie de 120 hectares, est parmi les plus fertiles à Oran, ce qui le classe comme 2e producteur de blé dans la capitale de l’Ouest. Mais ce dernier a été surpris par la décision n°821 de la Direction des Biens de l’Etat, datée du 27 février dernier, qui annule le classement de sa terre comme agricole.
L’agriculteur a affirmé qu’aucune des autorités locales à Oran ne lui a signifié qui est derrière cette décision, en expliquant que « ça vient d’en haut ». Les travaux de réalisation de l’usine Peugeot dans la localité d’El Hamoul, à Oran, devraient être entamés durant le mois en cours. La plus grande partie de la superficie de 120 hectares sera réservée à accueillir l’usine, alors que le reste sera affecté aux sous-traitants. Par ailleurs, Abderrahmane Benhamadi, P-DG de Condor, l’un des actionnaires de la future usine, a affirmé, il y a quelques mois, que le projet a été validé par le Conseil national d’investissement. Le démarrage de la production est prévu au début de 2019 avec une capacité de 25 000 unités et une croissance annuelle de 15 à 20% pour arriver à une production annuelle de 75 000 unités. Le montage de 3 modèles de véhicules sera effectué dans l’usine d’Oran. Il s’agit de la 208, C-Elysée et 301.
Par ailleurs, PSA Production Algérie compte augmenter la cadence de la production des véhicules touristiques à partir de 2019. Sur un autre registre, les responsables du groupe étudient l’éventualité de monter des véhicules utilitaires lors d’une seconde étape. Par ailleurs, la Peugeot qui sera fabriquée localement en Algérie dans quelques mois coûtera 15% moins cher que celle importée.J. M.