Une retransmission, c’est comme un match de football, ça se prépare. Emplacement des caméras, coordination pour la bonne réalisation et optimisation de la retransmission, tout cela doit être pris en compte afin que tout se déroule parfaitement. Jeudi soir à Blida, la TV nationale n’a pas bien maîtrisé son sujet à l’occasion de la joute amicale entre l’Algérie et la Mauritanie. Exaspérés, les téléspectateurs n’ont pas hésité à exprimer leur mécontentement sur les réseaux sociaux. À raison(s).

Par Mohamed Touileb
Une qualité d’image à basse résolution, maladresse sur la main courante, des commentateurs qui utilisent des expressions d’un autre temps et un signal de la seconde période qui a tardé à venir, la télévision publique (EPTV) n’a pas assuré une retransmission de qualité du match Algérie–Mauritanie (4-1). Pourtant, l’EPTV, qui a fait l’effort louable de diffuser la partie dans trois langues (arabe, tamazight et français), se doit de se mettre au diapason pour couvrir les Champions d’Afrique d’une manière optimale et à la hauteur de l’aura qu’a désormais la sélection nationale.

Yeux qui piquent et oreilles qui saignent
Sur nos écrans, on n’avait pas droit à de la haute définition dans une époque où ce domaine enregistre des progrès constants. Les images étaient d’une piteuse qualité. Ça, c’est pour le visuel. Pour l’audio, on relèvera les bourdes linguistiques et l’obsession à étaler les connaissances du foot théorique oubliant de mettre ce qui se déroule sur le rectangle vert en avant. Pourtant, l’enjeu est que le téléspectateur soit en immersion sans avoir les yeux qui piquent ou les oreilles qui saignent. Dans les chaînes qui se respectent, durant une rencontre de football, on a droit à des statistiques et des analyses instantanées de phases de jeu en direct. En Algérie, les personnes présentent dans la chambre de commentateurs ne se conforment pas aux standards universels. A croire qu’ils ne voient pas ce qui se fait ailleurs.

Seconde période, signal tardif
Jeudi soir, ceux qui ont suivi le match à la télé, que soit en arabe ou en français, ont – encore une fois – dû supporter des tournures approximatives et des échanges avec une consœur qui se contentait simplement de donner les numéros des remplaçants mauritaniens. Pourtant, la feuille du match est toujours mise à disposition des médias présents au stade. De l’apeuprisme pur et simple.
On est clairement tombé dans une sorte de suffisance journalistique. De la négligence et de la légèreté qui ont emmené cette bourde de la régie qui n’a pas redonné le signal à temps pour le début de la seconde période. L’image n’était revenue qu’au bout d’une minute 30 de jeu. Sans parler du fait d’avoir coupé l’interview de Djamel Belmadi d’une manière brutale pour faire passer une page de réclame.

Interview approximative
Par ailleurs, il y a eu la maladresse d’une consœur qui n’a même pas reconnu Abdelkader Bedrane croyant que c’était un binational. Pour preuve : elle avait demandé s’il souhaitait faire l’interview en français ou en arabe. Le défenseur central fait pourtant partie du label local et joue actuellement en Tunisie. Le fait est qu’il n’exerce même pas en Europe.
Cette scène pour le moins cocasse était largement évitable. Il suffisait seulement de se documenter sur les 30 joueurs que Belmadi a retenus pour la date FIFA de juin et les trois joutes amicales. Clairement, cet incident en direct n’arrange en rien la réputation (déjà mauvaise) de la corporation auprès de l’opinion.
Il n’est pas normal que la chaîne de télévision publique retombe autant dans ses travers et exaspère continuellement ses téléspectateurs à travers le monde. La réputation de notre équipe nationale veut que tout le monde se hisser au même niveau en termes de qualité. Des enseignements doivent vite être tirés afin de rectifier le tir. La retransmission de la prochaine sortie, prévue ce soir (20h45), contre le Mali sera passée au crible. Désormais, les responsables et ceux qui exercent savent qu’ils sont attendus. Tout comme les Verts. Et ils doivent être à la hauteur des attentes et du budget faramineux consacré au département.