L’histoire est belle. Et son dernier chapitre pourrait l’être encore plus. Cristiano Ronaldo est de retour à la maison, à Manchester. United plus précisément alors que les rapports mercato le donnaient -avec une quasi-certitude- nouvelle recrue de City à un certain moment. Douze ans de séparation et des retrouvailles entre CR7 et les « Red Devils » qui ont réussi un coup diabolique en chipant le Portugais au rival de la table de négociations.

Par Mohamed Touileb
C’est là bas qu’il achèvera sa parabole. Là où tout a commencé. Là où son statut de superstar a été façonné. En 2009, le Lusitanien quittait l’Angleterre pour réaliser son rêve de gosse : jouer pour le Real Madrid. Ce dernier a mis 92 millions d’euros pour s’attacher ses services. Un record absolu à l’époque. Une somme stratosphérique pour un joueur fantastique. Il avait alors 24 ans. Vitesse, buts, dribbles déroutants et un excellent tireur de coups francs, la panoplie d’un joueur complet qui allait beaucoup trop vite pour la défense même s’il n’avait pas encore développé son statut de goleador.

Un coup de fil de Fergie et tout change
Mais il était déjà cet homme qui fait basculer les rencontres ayant fait ses preuves sous les ordres de Sir Alex Ferguson. Un homme important dans sa carrière comme le quintuple Ballon d’Or l’a souvent assuré. D’ailleurs, le technicien écossais se chargera lui-même de le rapatrier et le dérober à l’ennemi juré alors que sa signature chez les « Citizens » était imminente.
Un coup de fil du père spirituel et voilà le Portugais qui stoppe net les négociations avec les « Skyblues ». L’ancienne maison ne veut pas que l’ex-Juventini termine sa carrière chez le voisin sans rien faire. Une offre est formulée et tout se déroule sans accroc. Une indemnité de 15 millions d’euros et 8 autres millions en bonus pour la Juventus Turin. Une offre assortie d’un salaire de 29 millions d’euros annuels et la boucle est bouclée : l’ancien « Red Devil » retrouvera son paradis et son ancien coéquipier Ole Gunnar Solskjær comme coach.
Les temps ont changé, des années sont passées. Cependant, le Champion d’Europe 2016 avec le Portugal a pu se maintenir au top niveau même s’il n’a plus certaines facultés d’avant. Toutefois, il peut claquer entre 30 et 40 buts au minimum sur la saison. En outre, c’est l’homme fort de la Ligue des Champions. Son comeback à Old Trafford reste donc une plus-value même s’il y a beaucoup de monde devant. On pense aux Rashford, Cavani, Sancho et Greenwood notamment.

Plus-value offensive certaine
L’héritage du quadruple Soulier d’Or européen lui confère certainement un statut de titulaire. Surtout s’il se montre efficace comme il l’a fait lors de ses deux passages du côté de Madrid (450 réalisations et 132 passes décisives en 438 apparitions) et Turin (101 pions et 22 « assists » en 132 matchs).Une vraie machine à buts qui peut faire basculer n’importe quelle rencontre. Beaucoup peut être dit sur sa palette qui est, logiquement et en raison des poids des ans, devenue moins « large ». Toutefois, quand il s’agit de finition, le buteur de l’Euro 2020 culmine à un très haut niveau.
En tout cas, la trajectoire que prend la carrière du natif de Madère a des contours d’idylle véritable. A lui de l’embellir encore plus et relever un ultime défi sur les terres qui ont vu germer sa stature de l’un des meilleurs joueurs de tous les temps. Aux souvenirs d’une jeunesse qui est désormais derrière lui mais une partie de l’histoire qui est devant. Une ultime page à écrire en lettres d’or. Ça sera sans la clique d’avant et les Rooney, Tevez, Giggs & cie. Mais avec ceux qu’il a fait rêver quand ils étaient petits. Une idole est dans la place. Un roi est de retour au palace. En « accueillant » celui que la presse européenne a mis dans la peau d’un « indésirable » ces dernières semaines, United a fait un vrai geste de classe. Non pas parce que sa recrue a un niveau footballistique au stade de décrue mais parce que le traitement médiatique qui lui a été réservé a évoqué une obsolescence. Et beaucoup y ont cru. A Ronaldo de démontrer que quand il vêtit la tunique rouge, le temps se retrouve suspendu.