Après une relative stabilisation de deux jours, ce sont deux nouveaux cas de coronavirus qui ont été confirmés hier, faisant augmenter le nombre de personnes testées positives à 19. C’est ce qu’a indiqué le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, soulignant que l’enquête épidémiologique suit son cours pour identifier les personnes avec lesquelles les cas atteints ont été en contact et recommandant de respecter les mesures de prévention pour éviter toute éventuelle contamination.

La situation sanitaire due au coronavirus dans le monde et ses conséquences dans de nombreux domaines a pris des proportions telles que le Conseil des ministres, qui se tient aujourd’hui, prévoit une communication du ministre de la Santé sur «le développement de la situation sanitaire internationale concernant le coronavirus et les mesures prises par l’Algérie pour y faire face», apprend-on dans un communiqué de la présidence de la République.
«Deux nouveaux cas de coronavirus (covid-19) ont été confirmés samedi en Algérie. Le premier cas a été enregistré dans la même famille où les cas positifs ont été précédemment confirmés et le deuxième est un ressortissant algérien ayant séjourné en Europe», est-il noté dans un communiqué du ministère de la Santé, sans préciser de quel pays est venu le deuxième cas ni où il se trouve actuellement. «Avec ces deux nouveaux cas confirmés, le nombre de personnes infectées par ce nouveau virus est passé à 19 cas», est-il ajouté, rappelant que la famille à laquelle appartient le premier cas annoncé hier est celle des deux femmes de Boufarik (annoncées positives le 1er mars) contaminées par un homme et sa fille qui étaient venus de France assister à une fête familiale. «Le dispositif de surveillance et d’alerte mis en place et renforcé régulièrement pour répondre à l’évolution de la situation épidémiologique du coronavirus a permis de retracer le parcours d’un Algérien de 83 ans et sa fille résidant en France ayant séjourné en Algérie du 14 au 21 février 2020 dans leur famille à Blida et qui ont été confirmés positifs au coronavirus après leur retour en France, le 21 février 2020», souligne le ministère. C’est la même démarche qui est poursuivie, à savoir l’ouverture d’une enquête épidémiologique «pour retrouver et identifier toutes les personnes «contacts» des deux nouveaux cas.
Encore une fois, la meilleure conduite à tenir face au risque de contamination reste la prévention. Le strict respect des mesures préventives est vivement recommandé et ne nécessite pas de grands efforts, en ce sens qu’il suffit de se laver les mains régulièrement à l’eau et au savon liquide ou par friction avec une solution hydro-alcoolique, de même qu’en cas de toux ou d’éternuement, il suffit de «se couvrir la bouche et le nez avec un mouchoir en papier à usage unique, s’en débarrasser immédiatement après utilisation et se laver les mains. A défaut de mouchoir, couvrir son nez et sa bouche avec le pli du coude».
Le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, a même conseillé d’«éviter de se serrer la main, même si cela fait partie de nos gestes quotidiens, en attendant que les choses aillent mieux». Il s’est, encore une fois, montré rassurant déclarant que «la situation est maitrisée puisque le virus a touché les membres d’une seule famille». «Les résultats ont été négatifs chez certains. Quelques-uns d’entre eux sont en quarantaine et quitteront les deux établissements spécialisés de Boufarik et d’El-Kettar dans dix jours», a-t-il ajouté, lors de son passage sur la télévision nationale, en compagnie d’experts du ministère de la Santé, des établissements hospitaliers publics de Boufarik et de la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH), ainsi que du directeur par intérim de l’Institut Pasteur d’Algérie.
Vers une nouvelle technique de dépistage
Sur un autre registre, le professeur Benbouzid a annoncé que l’Algérie devra acquérir prochainement une nouvelle technique permettant le dépistage du coronavirus dans un délai très court qui permet d’avoir les résultats dans dix minutes après un prélèvement sanguin, alors que la méthode utilisée actuellement consiste à prélever un gène (sécrétions naso-pharyngées), qui donne des résultats dans 24 heures. La nouvelle méthode doit être validée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui la mettra ensuite à la disposition de tous les pays.
De son côté, le directeur par intérim de l’Institut Pasteur d’Algérie, le Dr Fawzi Drar, a fait savoir que l’Institut dispose de tous les tests nécessaires et qu’en cas de besoin, il y aura recours à l’importation.
Evoquant la situation des hôpitaux nationaux, notamment celui de Boufarik qui dispose d’un service des maladies contagieuses, le ministre de la Santé a indiqué que le personnel de cet établissement «dispose de l’expérience nécessaire à la prise en charge de pareille situation», se disant, en même temps, consterné par rapport aux «fausses informations relayées dans certains réseaux sociaux et médias visant à ternir l’image du secteur». Il a, dans ce sens, plaidé pour le respect «des droits et de la dignité des malades». Le rejoignant sur ce point, le Dr Mohamed Yousfi, chef de service des maladies contagieuses, a invité «les médias de faire preuve de professionnalisme et de ne pas porter atteinte aux droits des malades, en prenant des photos au sein des établissements, ou en gênant les médecins lors de l’exercice de leurs missions».
Sur le volet prévention et sensibilisation, le directeur général de la prévention au ministère de la Santé, le Dr Djamel Fourar, a déclaré que le ministère a élaboré un plan de communication consistant en la distribution de dépliants au niveau des points frontaliers et des établissements hospitaliers, en sus de la diffusion de spots publicitaires dans les les médias, sans oublier la mise à disposition des citoyens du numéro vert 3030 auquel s’ajoutera l’envoi de SMS. n