La courbe épidémique de l’Algérie enregistre une baisse continue depuis une semaine. Ce qui marque une amélioration de la situation avec des contaminations qui sont actuellement à un peu plus de 300 cas par jour au lieu d’évoluer autour des 400 cas il y a une quinzaine de jours. Ceci est un bon signe et incite à maintenir le même niveau de vigilance, sinon plus, afin que la rentrée sociale et tout ce qu’elle implique comme ouverture (écoles, universités, retour au travail des employés en congé exceptionnel, etc.) se passe dans de bonnes conditions.

Tout relâchement pourrait être fatal et renverser la donne car la situation de risque n’est toujours pas à écarter, elle est omniprésente au vu des mises en garde des médecins qui continuent d’expliquer que le seul moyen de maintenir une bonne courbe reste l’éveil et la conscience des citoyens, qui doivent contribuer à casser la chaine de transmission du virus en respectant les gestes barrières.
«La situation épidémiologique en Algérie est en train de s’améliorer et de se stabiliser, avec un recul du nombre de cas confirmés au quotidien», a affirmé le président du Conseil national de l’Ordre des médecins, Dr Mohamed Bekkat Berkani. Il a souligné, en même temps, «la nécessité de préserver cet acquis réalisé grâce aux efforts consentis aussi bien par l’Etat et tous les responsables de la lutte contre Covid-19, ainsi que par la prise de conscience des citoyens qui est de plus en plus perceptible».
Les efforts conjugués de tous ont «porté leur fruit», a-t-il estimé, enchainant que «maintenant, il nous faut apprendre à vivre avec le virus, à savoir continuer de respecter les gestes barrières que sont le port du masque et la distanciation physique dans les lieux publics, car ce sont eux qui permettront de casser la chaine de transmission. Ce sont eux qui permettront de consolider les résultats réalisés».
Concernant la reprise des transports interwilayas, il a réitéré que ce sont des moyens de confinement par excellence, étant donné qu’ils transportent des personnes qui restent ensemble, confinés pendant plusieurs heures, et qu’à leur arrivée, certains auront été contaminés sans s’en rendre compte et répandront le virus sans s’en rendre compte également. Quand ce genre de transports reprendra son activité, il sera lui aussi soumis, comme tous les autres secteurs, à un protocole sanitaire, a affirmé Dr Bekkat Berkani qui est également membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus en Algérie. Le problème qui se pose, selon lui, reste l’ouverture des frontières aériennes, terrestres et maritimes avec l’étranger en raison de la «crainte par rapport à la situation épidémique dans certains pays, comme la France, l’Espagne et même le Maroc, où la pandémie et le nombre de cas sont en forte hausse». Il faut savoir que «dans le transport aérien, maritime ou terrestre, il y a matière à contamination. N’oublions pas que les premiers cas de coronavirus en Algérie étaient des cas importés», a-t-il rappelé.
De l’avis du Dr Bekkat Berkani, «il est absolument nécessaire de rester vigilants si on veut que la baisse des cas se poursuive et qu’il y ait un retour à la vie normale, car nous ne pouvons pas compter sur un vaccin qui ne sera disponible qu’au début de l’année prochaine». Selon les déclarations des différents laboratoires de recherche internationaux qui se sont lancés dans la fabrication du vaccin anti-Covid-19, ils ne commenceront sa commercialisation mondiale, dans le meilleur des cas, que vers la fin de l’année en cours ou au début de l’année prochaine. Sur ce chapitre, il est utile que noter que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait une nouvelle révélation hier.

Pas de vaccination généralisée avant mi-2021
L’OMS a, en effet, indiqué ne pas s’attendre à une vaccination généralisée contre le coronavirus avant mi-2021. «Comme vous le savez, un nombre considérable de candidats sont maintenant entrés dans la phase 3 des essais. Nous en connaissons au moins 6 à 9 qui ont déjà parcouru un long chemin en termes de recherche», a déclaré une porte-parole de l’OMS, Margaret Harris, lors d’un point presse à Genève. «Mais en termes de calendrier réaliste, nous ne nous attendons vraiment pas à voir une vaccination généralisée avant le milieu de l’année prochaine», a-t-elle ajouté.
La porte-parole a expliqué que la phrase 3 des essais cliniques – c’est-à-dire l’étape de tests massifs sur des volontaires – prenait du temps. Plusieurs dirigeants d’entreprises pharmaceutiques se sont engagés, pour leur part, jeudi, à «ne rogner sur rien» et à «respecter les normes de sécurité» dans la course au vaccin contre Covid-19, en dépit d’appels parfois insistants à lui préférer la rapidité. Mais «la bonne nouvelle, c’est que les fabricants font déjà des paris sur celui qui sera probablement le vaccin et qu’ils réfléchissent déjà à la manière dont ils pourront augmenter la production de vaccins une fois que nous saurons lequel sera utilisé», a souligné Mme Harris.
Ainsi, une fabrication et une commercialisation d’une quantité de doses suffisantes pouvant permettre une vaccination généralisée n’est pas pour demain. Il ne reste que la prévention dont les recommandations les plus élémentaires mais aussi les plus surs sont à la portée de tout un chacun. n