C’est aujourd’hui qu’expire le couvre-feu partiel à domicile en vigueur depuis le 2 décembre dernier en raison de la pandémie de coronavirus. Les nouvelles mesures que devra annoncer le gouvernement sont très attendues par l’ensemble de la population qui n’aspire qu’à retrouver une vie «normale», mais aussi et surtout par les catégories dont les activités restent les plus touchées lors de cette pandémie de Covid-19, voire toujours à l’arrêt.

La démarche de déconfinement progressif adoptée par le gouvernement s’est, à chaque fois, appuyée sur l’évolution de la situation épidémiologique due au nouveau coronavirus, cette dernière étant un facteur déterminant pour la prise de décisions d’assouplissement ou de durcissement du confinement partiel. La décrue des nouveaux cas confirmés observée ces derniers jours pourrait-elle plaider en faveur d’un éventuel assouplissement ?
Les professionnels de la santé répondent par l’affirmative. Ils estiment que «cela est possible au vu de la baisse des cas et la maitrise de la situation». Ils tiennent à rappeler que «les mesures appliquées depuis le 2 décembre» pour une période de quinze jours «étaient intervenues alors que les cas confirmés dépassaient le millier», un nombre jamais atteint le début de la pandémie.
«Actuellement, la tendance baissière s’est confirmée tout le long des deux dernières semaines et nous sommes parvenus à diviser le chiffre de plus de 1000 cas par deux. On est passé à moins de 500 cas par jour, avec des fluctuations bien sûr. Le nombre de décès est également en baisse après avoir dépassé les 20 cas. Les hôpitaux soufflent comparativement à la pression à laquelle ils étaient soumis», a-t-on ajouté pour dresser un tableau de la situation épidémiologique actuelle. «Ce sont des indicateurs encourageants qui, sans aucun doute, plaident pour un allègement du déconfinement», ont indiqué les professionnels de la santé, qui disent s’attendre à «plus d’ouverture» dans les prochaines résolutions.
Ce sont donc autant d’arguments qui laissent entrevoir que les prochaines mesures seraient moins restrictives même s’il y aura maintien de certaines, «une ouverture totale ne pouvant encore être à l’ordre du jour puisque le virus est toujours parmi nous et continue de se transmettre», nous a-t-on déclaré.
Mais quoi qu’il en soit, un allègement tant souhaité par la population est «fort probable» surtout si l’on considère que la rentrée universitaire a bien eu lieu hier, comme annoncé précédemment, et n’a, cette fois-ci, pas été repoussée comme cela s’est passé pour la reprise prévue initialement pour novembre dernier.
Il convient de rappeler que parmi les dernières mesures de déconfinement progressif figurait la levée de la suspension des services aériens de transport public de passagers sur le réseau domestique. Celui-ci a repris le 6 décembre dernier et a concerné, d’une part, la totalité des dessertes de et vers les wilayas du sud du pays et, d’autre part, et dans une première étape, 50% des vols desservant celles du nord du pays. Avec la reprise de plusieurs activités, l’ouverture des portes des universités, etc., nombreux sont les citoyens qui appellent à une reprise des vols entre les wilayas qui ne sont pas comprises dans la première étape. Mais pas seulement.

L’ouverture de l’espace aérien sollicitée
La revendication de l’ouverture de l’espace aérien est revenue avec insistance ces derniers jours, et les appels sont quotidiennement lancés par les citoyens qui n’ont pu être rapatriés par les vols spéciaux programmés durant les mois précédents. Ils sont, en effet, nombreux à clamer vouloir «rentrer à la maison», sachant que nombre d’entre eux sont restés bloqués à l’étranger pendant… dix longs mois ! C’est également l’appel des ressortissants algériens résidant à l’étranger qui disent vouloir venir au pays voir leurs familles.
A ce propos, le ministre des Transports a déclaré, avant-hier, que la compagnie nationale Air Algérie est «prête» et attend le feu vert pour une reprise des dessertes internationales, soulignant que «c’est une décision politique» qui ne relève pas de ses prérogatives. Le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, a lui aussi affirmé récemment qu’«il est devenu nécessaire d’ouvrir l’espace aérien». Le premier responsable du secteur des transports avait également laissé entendre que le transport ferroviaire pourrait reprendre bientôt, faisant le même constat que pour l’aérien, à savoir que tout est prêt pour une reprise et ne reste que le feu vert, du gouvernement s’entend. Pour rester dans le secteur des transports, il convient de relever que l’épineuse question du transport terrestre interwilayas, par bus et par taxi, est toujours en suspens.
Que ce soit les bus, les taxis ou encore le train ou l’avion, aussi bien les employés que les citoyens appellent à leur reprise. Avec la rentrée universitaire, ce sont des milliers d’étudiants qui doivent se déplacer de leur lieu de résidence vers la fac et qui effectuent parfois même un aller-retour durant le week-end. Il y a aussi les citoyens qui ont affirmé devoir aller se soigner dans une autre wilaya, en sus d’autres encore travaillant hors leur wilaya de résidence, etc. La reprise du transport urbain durant les week-ends est également fortement sollicitée.
Pour rappel, les mesures du 2 décembre avait vu augmenter de 29 à 34 le nombre de wilayas concernées par le couvre-feu de 20h00 à 05h00, la reconduction de la fermeture de certains commerces à partir de 15h00, ainsi que la reconduction de la fermeture des marchés de véhicules d’occasion, entre autres. De même qu’avait été prolongée la mesure d’«interdiction, à travers le territoire national, de tout type de rassemblement de personnes et de regroupement familial, notamment la célébration de mariages et de circoncision et autres événements tels que les regroupements au niveau des cimetières, lesquels constituent des facteurs de propagation de l’épidémie», avait souligné le gouvernement.