Alors que le durcissement de la réglementation sur le port du masque est entré en vigueur depuis le premier jour de l’Aïd, dimanche, avec la possibilité de mise à l’amende de tout contrevenant, la situation épidémiologique des infections à la Covid-19 se stabilise. Depuis une quinzaine de jours, aucun cas d’infection n’a été signalé dans les structures hospitalières de la wilaya dédiées à l’accueil des patients touchés par cette maladie.
A la lecture des bilans fournis quotidiennement par le ministère de la Santé et de la Population, il est loisible de constater que depuis le 17 mai dernier, le taux de contamination affiche ces derniers jours une courbe descendante, pour finir par se stabiliser et se situer dans une position stationnaire. Depuis cette date (17 mai), les structures de santé n’ont eu que six cas positifs, dont deux seulement sont issus de la wilaya de Tizi-Ouzou, alors que deux sont venus de Tipasa, admis au CHU Nedir-Mohamed, et un de Béjaïa hospitalisé à l’EPSP de Bouzguène. Le tableau épidémiologique incite plutôt à l’optimisme, puisque depuis le 20 du même mois aucun nouveau cas n’a été signalé. Un optimisme qui doit être, cependant, nuancé et mesuré car les professionnels de la santé sont en attente des résultats des tests rapides effectués par les brigades, à l’initiative de l’autorité locale de la santé. Une opération de dépistage qui a concerné une quarantaine de sujets contacts qui sont à considérer comme des malades potentiels ; ils sont en attente des résultats des analyses de leurs prélèvements pour être fixés sur leur sort. Si la situation permet quelque répit aux personnels soignants et de souffler, eux qui sont sur la brèche depuis le mois de mars, la vigilance est donc de mise et les autorités n’entendent pas lâcher prise puisque des appels au respect par les citoyens des gestes barrières et du confinement sont lancés avec insistance, notamment le port de bavettes. 208 000 masques devaient être distribués aux habitants de la wilaya. Une distribution qui a débuté vendredi dernier et qui devait être effectuée par les comités de quartier et les représentants de la population dans les villages dont on ne sait pas, du reste, les aboutissants. Beaucoup de citoyens continuent à acheter leur bavette au niveau de pharmacies. Des dépenses qui risquent de grever un peu plus le budget des ménages malmenés par les achats de l’Aïd et la fièvre acheteuse du début de la crise sanitaire. Le wali de Tizi Ouzou, Mahmoud Djamaa, qui supervise ladite opération de distribution de masques faciaux au niveau du chef-lieu de wilaya, a appelé à la prudence. Selon ses propos rapportés par l’APS, portant sur la situation de la pandémie au niveau local, Mohamed Djemaa a indiqué qu’«on ne sait pas quand cette crise sanitaire va s’estomper». Selon lui, «si la situation se stabilise, le risque viendrait des porteurs sains. Quel que soit le nombre de cas déclarés, il n’est pas réel vu qu’il y a des porteurs sains asymptomatiques. Il y a donc lieu de rester sur ses gardes, d’être prudent et de ne pas abandonner les gestes barrières».
Un répit, mais gare au relâchement !
Même son de cloche chez les spécialistes qui, tout en se félicitant du répit observé dans la circulation du virus au niveau de la wilaya, ne manquent pas d’alerter sur un possible rebond de l’épidémie qui viendrait du relâchement de la vigilance et de la circulation des personnes entre les wilayas dont certaines sont encore considérées comme des zones à risque. Cela étant dit, les observateurs ne manquent pas de rappeler que ces bons chiffres réalisés à Tizi Ouzou dans la lutte contre la propagation de l’épidémie du coronavirus sont le résultat d’une totale synergie entre tous les acteurs concernés, y compris les citoyens eux-mêmes, qui ont beaucoup contribué à la réalisation de ce qu’on peut qualifier, d’ores et déjà, de victoire contre la Covid-19. Seulement vingt cas positifs sont encore hospitalisés au niveau de l’EPH d’Azazga et du CHU Nedir-Mohamed de la ville des Genêts, les autres EPH sont totalement vidés, selon les chiffres rapportés par différents médias. La solidarité et l’organisation inspirées du modèle de l’autogestion toujours en cours dans les villages sont des facteurs qui ont contribué à la réalisation d’une telle performance au niveau de la wilaya dont la majorité de la population réside dans plus de mille villages. Dès le début de la crise, note Essaha, (une publication d’information spécialisée animée par des spécialistes en médecine) des mesures de confinement ont été décidées par les comités de village. Toute personne non résidente au village, y compris celles originaires, ne peut y accéder. Des campagnes de désinfection ont été menées par les associations locales en collaboration avec les comités de village et les élus locaux foncièrement engagés dans l’opération. La distribution de semoule et de couffins du Ramadhan a été minutieusement organisée par les APC en collaboration étroite avec les comités de village, ce qui a évité les bousculades enregistrées dans les autres régions du pays.<