La FIFA est en train de faire un gros nettoyage en Afrique. Plusieurs noms ronflants de la scène continentale font l’objet d’enquêtes de la Commission d’éthique de la structure planétaire. D’ailleurs, Ahmad Ahmad, désormais ex-président la Confédération africaine de football (CAF), a été suspendu et d’autres de ses acolytes, tels que l’Egyptien Hani Abu Rida et le Marocain Faouzi Lakjaâ, semblent être dans le collimateur. Loin de ces affaires louches, Kheireddine Zetchi pourrait être le grand bénéficiaire de ce coup de balai pour se placer en vue des élections, prévues le 12 mars prochain à Rabat (Maroc), du Comité Exécutif (ComEx) de la FIFA.

Zetchi est bien optimiste pour s’asseoir sur l’un des deux sièges qui seront vacants au terme du mandat. Strapontins qu’occupent l’Egyptien Hani Abu Rida et le Tunisien Tarek Bouchamoui. La CAF dispose de deux places (une pour la zone francophone et une autre pour la partie anglophone) au sein de la Commission exécutive de l’instance mondiale. Le boss de la FAF a décidé de relever ce qui pouvait semblait être une mission impossible il y a quelques semaines tant tout semblait verrouillé. Mais voilà que la destitution d’Ahmad Ahmad de la présidence de la CAF vient tout chambouler et redistribuer les cartes. Le Malgache a été suspendu pour 5 ans de toute activité en lien avec le football par la FIFA coupable d’avoir « enfreint les articles. 15 (Devoir de loyauté), 20 (Acceptation et distribution de cadeaux ou autres avantages) et 25 (Abus de pouvoir) de l’édition 2020 du Code d’éthique de la FIFA, ainsi que l’art. 28 (Détournement de fonds) de son édition 2018.»

Lekjaâ en menace principale, mais…
Dans ses ambitions politico-sportives, le premier responsable de l’organe fédéral Dz aura de la concurrence et pas des moindres. Si Gustavo Ndong (Guinée équatoriale) est un outsider alors que Faouzi Lekjâa (Maroc) est un favori pour un poste au sein du ComEx de la FIFA. Toutefois, Zetchi pourrait bénéficier du concours de circonstances quand on considère les accointances du Marocain, qui « jouera » à domicile lors du vote, avec Ahmad Ahmad. D’ailleurs, l’enquête de la Commission d’éthique de la FIFA se poursuit pour faire tomber de nouvelles têtes.
Les propos récents de Zetchi sont révélateurs : « c’est vrai que ça va se dérouler au Maroc, mais je pense que des choses vont encore bouger. Je ne pense pas que les choses vont s’arrêter à la suspension de monsieur Ahmad ; les choses vont devoir encore bouger. Je suis tout à fait optimiste, même si je sais que la concurrence sera très, très rude, avec des personnes qui ont derrière une grande expérience dans le gotha africain », a lâché l’homme fort de la balle ronde en Algérie.

Un profil probe
En s’aventurant sur ce terrain impitoyable, Zetchi sait qu’il n’a « pas choisi la facilité » comme il l’a révélé récemment à la presse. Toutefois, il estime que « beaucoup de choses changeront d’ici le mois de mars 2021.» Le propriétaire du Paradou AC a, manifestement, des échos et des garanties en provenance de Zurich (Suisse) sur l’évolution de la situation dans la zone CAF dans les mois à venir.
Le fait qu’il n’ait intégré le circuit footballistique africain que récemment fait de lui un nouveau visage sans antécédents ni fréquentations suspicieuses. Et c’est ce que Gianni Infantino recherche. Le successeur de Sepp Blatter prévoit de durer aux commandes de la FIFA. Pour cela, il n’hésite pas à « bâillonner » ces amis d’avant (Ahmad Ahmad en était un) en les écartant du paysage afin de ne pas avoir à traîner des casseroles. « Je vais mettre en place une stratégie pour donner un maximum de chances à cette élection », a annoncé Zetchi qui pense que « le foot africain a besoin de sang nouveau, d’une nouvelle ère. Je ne pense pas que les 54 fédérations soient très, très contentes de la gestion du football africain. C’était un mandat catastrophique ; je parle avec beaucoup de présidents des fédérations africaines, ils veulent un vent de changement.» Les signaux semblent au vert. Le successeur de Mohamed Raouraoua est, vraisemblablement, prédestiné au poste. A moins que… n