L’Algérie suit avec attention l’actualité des grands laboratoires de recherche internationaux lancés depuis des mois dans la découverte d’un vaccin contre le nouveau coronavirus, Covid-19. Elle va plus loin en annonçant être parmi les pays en position d’acquérir ce précieux antidote une fois son application à l’homme et son efficacité confirmées.

Dans un communiqué publié le 30 juillet, le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière a, ainsi, annoncé avoir entamé la «prospection» et les «démarches» nécessaires pour s’assurer de la disponibilité de ce futur vaccin et de son utilisation dans nos structures sanitaires et médicales. Dans cette optique, le département du professeur Abderrahmane Benbouzid assure qu’«aucun effort ne sera ménagé par l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA) afin d’être à la hauteur des attentes face à cette pandémie de Covid-19». Il souligne que «les avancées réalisées par un certain nombre de laboratoires dans le cadre du développement du vaccin contre le coronavirus présagent de l’imminence de la commercialisation de ce vaccin».
En attendant que le ministère de la Santé précise davantage le contenu des démarches entamées et avec quelles parties il les entreprend au nom du gouvernement – des pays occidentaux ont signé avec les laboratoires des contrats de fourniture de millions de doses de vaccin -, son communiqué éclaire d’un jour nouveau la déclaration, en juin dernier, du ministre délégué à l’Industrie pharmaceutique. Lotfi Benbahmed avait alors certifié que «l’Algérie recevra le vaccin contre la Covid-19 en priorité dès l’achèvement des travaux de recherche dans les laboratoires spécialisés».
Cette assurance, le ministre la tient du fait que «l’Algérie, avait-il expliqué, a reçu des engagements officiels de la part de l’ensemble des laboratoires de plusieurs pays qui travaillent actuellement pour produire ce vaccin», ajoutant que «ces laboratoires disposent tous de bureaux en Algérie». Par ailleurs, l’Algérie a également reçu «des engagements officiels de la part des autorités chinoises pour la livraison immédiate du vaccin anti-Covid-19, si les laboratoires de ce pays parviennent à le produire au cours des prochains mois», selon le ministre délégué. «La Chine s’est engagée officiellement à nous livrer le vaccin rapidement et en priorité, si les laboratoires et les chercheurs chinois, parviennent à le produire en premier», avait-il précisé.
Parmi les laboratoires étrangers qui disent en stade avancé de la recherche, la société chinoise CanSino Biologics a fait état des résultats probants de l’essai de phase II qu’elle a mené tout récemment à Wuhan. Un laboratoire russe a également affirmé avoir «finalisé les essais cliniques» et qu’il compte commencer «la vaccination de la population en octobre prochain». Il y a aussi le laboratoire français Sanofi, présent en Algérie, qui a fait savoir qu’il a bien avancé, en collaboration avec d’autres laboratoires étrangers, dans ses recherches pour un vaccin contre la Covid-19. Il a, en outre, fait savoir qu’il devrait lancer ses premiers essais cliniques en septembre.
En attendant ce précieux vaccin, dont la production industrielle ne devrait démarrer réellement qu’à l’horizon 2021, selon des commentaires d’experts, le ministère de la Santé publique rappelle que si la «vaccination constitue le moyen le plus efficace de lutte, la prévention reste le meilleur remède». «La prévention, notamment le respect des règles d’hygiène, la distanciation ainsi que les mesures barrières, demeurent le moyen le plus indiqué pour lutter contre cette pandémie» et, de ce fait, «la vigilance et l’adhésion de toute la population constituent le gage de la réussite de la lutte contre la Covid-19», insiste-t-il dans son communiqué. n