On avait comme l’impression que ce fiasco pendait au nez du FC Barcelone. Malgré les revers à répétition que le club a subis ces dernières années en Ligue des Champions, la direction n’a pas pu y remédier. Le board a injecté beaucoup d’argent dans le recrutement. Vainement. Des pertes colossales auxquelles pourraient s’ajouter un départ de Lionel Messi, légende du club. Ça serait un cataclysme.

Ça ne sera pas un problème de talent. Mais de temps. A 33 ans, il ne sera pas évident de construire autour de ce génie de ballon. Lionel Messi n’a rien pu faire vendredi face au Bayern Munich pour éviter la correction. C’est tout le collectif catalan qui était défaillant. Mais on peut aussi constater que le numéro 10 n’a plus vraiment ses jambes d’antan. Qu’il n’a plus cette faculté de faire basculer une rencontre à gros enjeu à tout moment.
Non, ce n’est pas pour remettre le génie de l’Argentin en considération. Mais force est de constater qu’il ne peut plus tirer l’équipe à bout de bras tout le temps. Statistiquement, l’influence de la « Pulga » est là. Incontestablement. On parle d’un joueur qui est décisive toutes les 75 minutes en moyenne. Bilan de l’exercice courant : 31 buts et 26 passes décisives en 43 apparitions dans toutes les compétitions. Epoustouflant. Mais peu constant.

Aura européenne perdue
Néanmoins, il y a un hic. Sur les 4 dernières fins de parcours en LDC, dans le match décisif, le sextuple Ballon d’Or n’a jamais trouvé la faille. Que ce soit lors de l’élimination en 2016 contre l’Atlético ( victoires 2-1 à l’aller et revers 2-0 au retour), en marge du revers 3 buts à 0 (0-0 au retour) chez la Juventus en 2017 (quarts de finale), au moment d’être défait (3-0) en déplacement en Italie pour défier l’AS Rome en 2018 ainsi que la remontada subie à Anfield l’an dernier (4-0) après avoir planté un doublé à « l’aller » (succès 3-0 à Nou Camp), Léo a assisté, impuissant, à la sortie de piste des siens. C’est pour dire que le traumatisme dure depuis 5 séquences maintenant. En remontant les faits, on peut même dire que la gifle (4-0) infligée par le Paris Saint-Germain le 12 février 2017 en « acte I » 1/8 de finale de la C1 était déjà un signe avant-coureur d’une descente aux enfers longtemps minimisée. Une déliquescence atténuée par les succès sur le plan national (2 Ligas en 2017 et 2019, 3 Coupes d’Espagne en 2016, 2017 et 2018 ainsi que 2 Supercoupe d’Espagne en 2016 et 2018) sur cette période aux rêves frustrés.

Sentiment d’impuissance
Pour un footballeur du calibre de Messi, l’aura continentale compte plus que tout. Et dans le plus prestigieux des tournois interclubs, il se trouve que les « Blaugrana » ont perdu beaucoup de leur notoriété. La dernière consécration en la matière était signée en 2015 conte la Juventus (3-1). Lors de ce triomphe, il y avait Xavi, Iniesta et Neymar dans le onze. Cela a changé depuis avec le départ en retraite des deux métronomes du milieu de terrain et le transfert du Brésilien vers le Paris Saint-Germain à l’été 2017.
Depuis, ce n’est plus la même chose en Catalogne. Les désillusions se sont empilées pour un dépositaire du jeu qui ne peut pas tout colmater tout seul. Un sentiment d’impuissance qui pourrait pousser le 2e meilleur buteur de l’histoire de la C1 (113 réalisations) derrière Cristiano Ronaldo (131 pions) à partir dès cet été. Il aurait même ouvert la porte à une sortie dès ce mercato. Il a, ni plus ni moins, exigé des changements radicaux dans la politique de gestion qui ne lui conviendrait pas. Acceptera-t-il de finir son immense carrière avec les Barcelonais sur cette fâcheuse note ? Rien n’est moins sûr. Mais le poids des années est là pour le quintuple Soulier d’Or européen. n