Au début de la crise entre le Qatar et l’Arabie saoudite suite à l’accusation de l’émirat gazier par notamment Riyad, Le Caire et Abou Dhabi d’être à la solde des Frère musulmans et de travailler à la déstabilisation de la région, l’on présageait de grosses difficultés pour Doha.

Le Qatar a fait le dos rond face à ses puissants détracteurs et a pu résister tant bien que mal à la pression grâce notamment à certains soutiens comme la Turquie d’Erdogan et la position ambiguë de Trump.
Aujourd’hui, le Qatar semble avoir pris une certaine revanche sur ses détracteurs que la chaîne satellitaire Al Jazeera, véritable ministère des Affaires étrangères bis de l’émirat, exprime avec ravissement.
Des programmes entiers sont consacrés aux turpitudes de l’Arabie saoudite de Mohamed Ben Salman le dénigrant à souhait, le présentant comme le coupable dans l’affaire Khashoggi.
Même la désastreuse campagne au Yémen trouve désormais sujet à critique alors même que le Qatar a été partie prenante de cette alliance à son lancement en 2015. C’est grâce à ses capacités financières absolument faramineuses que le Qatar a pu résister à la vague en utilisant cette force sonnante et trébuchante pour faire du « Soft-power » à l’image de ses investissements dans le sport et les médias.
Le Qatar dépense environ 500 millions de dollars par semaine pour des projets directs ou indirects liés au Mondial-2022. Bien que Doha ait joué un rôle absolument néfaste durant notamment la période de Hamad ben Jassim, l’ancien ministre des Affaires étrangères, qui avait reconnu que son pays a bien financé des groupes armés pour déstabiliser la Syrie au début de la tragédie qui a frappé ce pays, la crise avec Riyad semble lui avoir donné à réfléchir. Ce rôle de «déstabilisateur » le Qatar l’a joué au même titre que l’Arabie saoudite et d’autres acteurs régionaux et internationaux. Aujourd’hui, le petit émirat semble donner la priorité à la politique économique.
Ce qu’il sait le mieux faire. Le fait que « le petit vilain Qatar » a voulu jouer plus grand que ses capacités diplomatiques et politiques a failli lui être fatal.