PAR MILINA KOUACI
La reprise des cours aura lieu dimanche prochain dans les universités, après la fin des vacances d’hiver. L’enseignement se poursuivra une semaine ou deux avant le début des examens du premier semestre, tandis que certains établissements universitaires ont fixé le calendrier des examens dès la reprise, soit le 8 janvier. Mais quid des étudiants des Ecoles normales supérieures ?
Pour le savoir, il faudra attendre dimanche pour voir dans quelle atmosphère les étudiants rejoindront ou pas leurs établissements. Bien que des ENS ont dévoilé le calendrier des examens (Bechar fixé à partir du 18 janvier et Constantine à partir du 15 du même mois), ces écoles ont été le théâtre d’un mouvement de grève national et de protestation depuis le 12 décembre, en raison de la décision prise la veille par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, portant intégration de 59.987 enseignants contractuels de l’éducation. Un chiffre qui est passé à 62 000 après la fin du processus d’intégration.
Une mesure mal accueillie par les étudiants des ENS qui ont demandé à l’unanimité de garantir la priorité de recrutement aux diplômés des ENS, de régler la situation des diplômés des ENS qui travaillent par détachement en les intégrant dans les cycles pour lesquels ils ont été formés et de communiquer les chiffres précis des postes qui leurs sont réservés.
Le département d’Abdelhakim Belabed n’a pas tardé à répondre et rassurer les étudiants protestataires pour désamorcer la crise. Le ministre de tutelle a, à maintes reprises, indiqué que les diplômés des ENS sont prioritaires dans le recrutement et que les postes affectés annuellement aux diplômés de ces établissements leurs sont exclusivement réservés. La dernière sortie médiatique de M. Belabed date de mardi dernier au forum de la Radio nationale Chaine 1. Ce dernier a tenu à rappeler que la priorité absolue dans le recrutement est aux diplômés des ENS. D’ailleurs, depuis quelques années, le ministère fait recours au détachement pour assurer le travail en dehors du palier pour l’excédent des ENS, tout en maintenant la classification.
Le président de la République a également réagi aux revendications des «normaliens». M. Tebboune s’était engagé en décembre dernier à trouver un emploi à tout diplômé des ENS. Il a expliqué qu’il n’a jamais été question de refuser de recruter des diplômés de ces écoles.
Des assurances qui sont sensés apaiser la colère des étudiants et mettre fin au bras de fer entre la tutelle et les étudiants des ENS qui revendiquent «le droit de recrutement direct». n