PAR Milina Kouaci
Le report de la rentrée universitaire au 10 octobre prochain, alors qu’elle était initialement prévue pour samedi prochain, 3 octobre, a été diversement apprécié par les acteurs de l’enseignement supérieur. Cette décision a donné lieu à une série d’interrogations sur les campus.
Faut-il attendre que la communauté universitaire soit entièrement vaccinée pour reprendre les cours ? Comment peut-on établir l’état de la vaccination dans toutes les universités ? Une semaine suffirait-elle pour rattraper le retard de la campagne de vaccination au sein de l’enseignement supérieur ?
Autant de questions qui circulent dans le milieu où le volume de l’enseignement se rétrécit telle une peau de chagrin sans que cela ne gêne enseignants et tutelle.
En plus du retard pris pour l’annonce de cet ajournement, qui intervient à 4 jours de la reprise des cours, les mécontents énumèrent plusieurs «griefs» à cette mesure, qui aura surpris même les chefs d’établissement qui ont finalisé les emplois du temps pour les cours en présentiel.
Des étudiants et enseignants trouvent également que la tutelle aurait plutôt dû réfléchir à augmenter le volume des enseignements en mode présentiel dans la mesure où, «les cours à distance ne garantissent pas un bon niveau d’assimilation et de compréhension chez les étudiants», selon des avis recueillis parmi la communauté universitaire.
Mais, la tutelle ne semble pas tenir compte de ce paramètre pédagogique, tranche un enseignant à l’USTHB.
Le département de l’enseignement supérieur se contente ainsi de reconduire le mode privilégié l’année précédente, à savoir les cours hybrides consistant en une alternance d’enseignement en mode présentiel par vagues et en mode enseignement à distance (EAD). A cet effet, l’enseignement se fera en premier lieu à distance avant la reprise en présentiel, tout en misant sur «une accélération du rythme» de la vaccination des étudiants, enseignants, agents…
Les cours à distance seront lancés le 3 octobre, date prévue pour la rentrée présentielle des étudiants dans les établissements de l’enseignement supérieur.
Ces derniers pourront ainsi suivre les cours à distance à partir de ce dimanche. «Le report de la rentrée universitaire permettra aux étudiants de 1re année du premier cycle de s’adapter progressivement au mode d’enseignement à distance adopté par les universités, en consultant les plateformes numériques dédiées à cet effet, moyen de consulter leur contenu et d’interagir avec les enseignants», ajoute la même source, en attendant la reprise en mode présentiel dans le cadre du protocole sanitaire strict mis en place à cet effet.
Sur un autre volet, le ministère a exhorté les étudiants et le personnel universitaire à saisir l’opportunité du report afin de se faire vacciner entre le 2 et le 9 octobre. «Nous appelons le personnel universitaire et les étudiants à se rapprocher des points de vaccination qui leurs sont réservés, au niveau des établissements et résidences universitaires ou des centres de vaccination du ministère de la Santé afin de se protéger de l’épidémie de coronavirus», ajoute la tutelle.
Cependant, le Conseil national des enseignants du supérieur (CNES) ne semble pas «satisfait» de la stratégie de communication adoptée par la tutelle avec son personnel enseignant et les étudiants. Son coordinateur national, Abdelkader Benhamadi, reproche aux directions de l’Enseignement supérieur de ne pas communiquer comme il se doit avec eux et les étudiants. Ce dernier estime que l’obligation vaccinale et le pass-sanitaire devaient être instaurés pour atteindre l’immunité collective et casser la chaîne de transmission dans le milieu universitaire, tout en reconnaissant que «la vaccination est une question individuelle».
«D’ailleurs, le principe optionnel est toujours de vigueur», a souligné M. Benhamadi, qui plaide pour «l’organisation de campagnes de vaccination, afin de convaincre les personnes hésitantes de l’importance de la vaccination à l’intérieur et à l’extérieur des établissements universitaires».