Le ministère de l’Education nationale a arrêté le calendrier des vacances scolaires et dévoilé les plans de reprise des cours pour le cycle primaire en tenant compte des restrictions sanitaires.
Même si le personnel en sait ainsi plus sur le déroulement de la prochaine année scolaire, il n’exprime pas moins un besoin d’être rassuré dans la mesure où c’est une année exceptionnelle qui se profile d’ores et déjà à l’horizon.
A une semaine du coup d’envoi de l’année scolaire 2020-21, la communauté éducative attend impatiemment d’avoir plus de garanties quant au déroulement de l’année. C’est ce qu’ont exprimé, notamment le Conseil des lycées d’Algérie (CLA) et l’Organisation nationale des parents d’élèves (ONPE), s’agissant particulièrement de l’organisation de la rentrée scolaire et la mise en place du protocole sanitaire.
Le président de l’ONPE Ali Benzina craint que les scénarios des pays voisins et d’autres pays d’Europe, connaissant une seconde vague épidémique, ne se reproduisent en Algérie. «Le calendrier des vacances scolaires et les plans de reprise des cours sont du ressort exclusif de la tutelle qui ne doit pas laisser la décision aux établissements scolaires de peur de faire régner l’anarchie», dit notre interlocuteur. Ce dernier pense toutefois qu’il est du devoir du ministère de rassurer le personnel de l’Education, les élèves et leurs parents sur ses capacités de mise en œuvre du protocole sanitaire. «Lorsqu’on constate que l’épidémie est repartie de plus belle dans des pays qui ont des moyens financiers et humains, on ne peut pas nous empêcher de nous inquiéter sur la santé de nos enfants et du personnel du secteur», ajoute le président de l’ONPE. II invite le département de Mohamed Ouadjaout à les rassurer en mettant à leur disposition des moyens humains et matériels pour l’application strict du protocole sanitaire. Beaucoup de pays ont fermé à nouveau les écoles après une seconde vague épidémiologique, tient-il à souligner. Une question qui a été soulevée lors des rencontres bilatérales et des courriels adressés à la tutelle, mais sans recevoir davantage d’indications sur les modalités d’application du protocole sanitaire.
«Les écoles devront accueillir, le 21 octobre, 6 millions d’élèves du cycle primaire. Ces élèves vont tous rejoindre les écoles dès la matinée. Si oui, comment appliquer les mesures barrières et la distanciation physique ?», se demande M. Benzina. Les établissements scolaires doivent être désinfectés 72 heures avant la rentrée, sachant que ces écoles seront réquisitionnées le 1er novembre pour le référendum sur la révision de la Constitution.
«Je me demande si les écoles seront également désinfectées avant et après le scrutin qui se déroulera dans des établissements scolaires, ou cette opération de désinfection est périodique ?», s’interroge le président de l’ONPE. Ali Benzina insiste, pour sa part, sur l’importance de la réflexion afin d’assurer une rentrée dans les meilleures conditions. «Le ministère doit initier des ateliers avec les syndicats du secteur sur l’organisation de la rentrée scolaire», conclut M. Benzina.
Il en de même pour le secrétaire général du CLA, qui espère que toutes les conditions seront réunies pour l’application du protocole sanitaire. «Nous attendons du ministère davantage de précisions et d’indications sur l’organisation de la rentrée scolaire et la mise en application du protocole sanitaire dans les établissements», dit M. Rouina, lequel estime nécessaire «une application stricte du protocole sanitaire». Pour lui, la reprise doit être faite dans le respect des conditions sanitaires, expliquant toutefois que beaucoup d’établissements n’ont pas les moyens pour mettre à exécution ce protocole.
«Certes, la rentrée s’est décidée en fonction de l’évolution de la situation épidémiologique, mais cela ne nous empêche pas de nous poser des questions sur l’application des mesures préventives au niveau des établissements scolaires pour mener à bien la mission de réussir la rentrée scolaire qui s’étalera sur une année», dit M. Rouina. S’agissant du calendrier des vacances remanié par la tutelle, et les plans de reprise des cours, de l’exploitation du personnel enseignant et des salles de classes, il explique que ces décisions relèvent des prérogatives de la tutelle, que les proviseurs et enseignants devraient appliquer à la lettre.

Les inspecteurs désapprouvent le Bac à 9/20
Le Syndicat des inspecteurs de l’Education nationale (SIEN) a qualifié de surprenante la décision de réduction de la moyenne requise pour l’obtention du baccalauréat 2020 à 09/20. Dans un communiqué rendu public, le SIEN explique qu’il s’attendait à ce que la tutelle s’explique davantage sur l’organisation sur la rentrée scolaire et la gestion de l’année pédagogique avec la propagation de la pandémie, mais qu’il était étonné avec sa décision de revoir à la baisse la moyenne d’admission au bac. «Nous avons fait part au ministre de tutelle lors d’une rencontre de concertation, lundi dernier, de notre opposition quant à la décision de revoir à la baisse les moyennes de passage d’un niveau à un autre», rapporte le syndicat, qui déplore une décision «irréfléchie, irresponsable et improvisée» de la tutelle.
Rejetant cette décision, le SIEN en appelle au Président à l’effet d’intervenir en l’annulant et sauver ainsi l’avenir de l’Ecole algérienne. «On ignore quels sont les dessous de cette décision unilatérale», a-t-il indiqué. Le CLA dénonce, pour sa part, une décision politique qui n’est pas dans l’intérêt de l’élève et de l’Ecole algérienne. «Ces concessions pédagogiques ne feront que ternir et toucher à la crédibilité du bac», a-t-il estimé. <