Au moment où l’ensemble des acteurs de l’Education nationale guettaient un indice, sinon une annonce officielle quant à la date choisie pour la rentrée scolaire 2020/21, c’est plutôt l’expectative qui s’installe. Et peut-être pour quelques semaines encore. Ce qui contrarie certaines prévisions bâties notamment sur le succès du déroulement des épreuves du Bac et du BEM, mais aussi sur la tendance baissière des contaminations à la Covid-19 en Algérie.

Organe de décision sur cette question, le comité scientifique chargé du suivi et de l’évaluation de la pandémie, a indiqué, par la voix de son porte-parole, Djamel Fourar, que la rentrée scolaire «pourrait être reportée à la fin du mois d’octobre ou vers le début du mois de novembre». Ce qui revient à comprendre que les élèves des trois paliers ne retrouveront pas leurs établissements de sitôt.
«Le comité scientifique chargé du suivi de la pandémie ne va pas mettre en péril la vie des citoyens et des élèves», a déclaré à ce propos M. Fourar, lequel explique que ledit Comité ne compte pas se précipiter à trancher la question préférant vraisemblablement s’accorder du temps pour voir plus clair.
Du côté des organisations syndicales, on ne désapprouve pas la démarche. L’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (Unpef) ne trouve pas d’inconvénient dans le cas où la rentrée des classes ne se déroule pas au début du mois d’octobre. Pour son porte-parole, Abdelouahab Lamri Zegar, «si le Comité scientifique juge que le risque de contamination existe en cas de lancement de l’année scolaire, nous ne pouvons pas réclamer que la rentrée ait lieu dans l’immédiat». M. Zegar fait savoir que le syndicat enseignant «n’a aucun contact avec le comité scientifique, mais avec le ministère de l’Education qui ne les a pas approchés pour des rencontres de concertations autour de la prochaine rentrée scolaire», qui devraient avoir lieu ces jours-ci. Mais dans le cas où la rentrée a lieu sans que la bataille contre la pandémie ne soit gagnée, le porte-parole de l’Unpef estime qu’il y a des dispositions à respecter pour préserver la santé des élèves et du personnel de l’Education à travers notamment les gestes barrières conseillés par l’autorité sanitaire. «Nous devons désinfecter les établissements scolaires, imposer le port obligatoire du masque de protection et le respect de la distanciation sociale», a recommandé le syndicaliste, lequel estime que «la tutelle est en mesure de mettre à exécution le protocole sanitaire vu le succès de celui mis en place lors des examens du baccalauréat et du BEM». Sur le volet pédagogique, notre interlocuteur propose d’adapter le programme scolaire, réviser le volume horaire et se baser uniquement sur les matières essentielles afin de pouvoir mettre en œuvre le système de groupe qui permet le respect de la distanciation sociale.
Toutes ces propositions seront présentées par le syndicat à l’occasion des rencontres du ministère de l’Education nationale et les partenaires sociaux. Il estime toutefois qu’une rentrée progressive «touchera au principe de l’égalité des chances en affectant négativement les examens nationaux».
Quant au secrétaire général du Conseil des lycées d’Algérie (CLA) Zoubir Rouina, il fait savoir que le personnel enseignant s’attend au lancement de l’année scolaire dans les plus brefs délais suite à l’amélioration progressive de la situation sanitaire. «J’espère que le retour des élèves dans les établissements scolaires se fera dans un proche avenir en raison de l’amélioration de la situation épidémiologique», a-t-il dit, ajoutant cependant que «le protocole sanitaire doit être renforcé pour garantir la sécurité des élèves». <