Le report de la rentrée universitaire au 15 décembre prochain, alors qu’elle était initialement prévue le 24 novembre en cours, ne semble pas avoir surpris les enseignants et les étudiants. Ces derniers souhaitent que ce « sursis » soit mis à profit pour une meilleure préparation de ce rendez-vous qui dépend visiblement de l’amélioration de la situation sanitaire, marquée depuis quelques jours par la hausse inquiétante de cas de contamination à la Covid-19.

Des enseignants appréhendent également un impact sur le rendement pédagogique vu le rétrécissement du volume des horaires à assurer qui se profile. Cet imprévu, encore un, sonne cependant pour l’ensemble de la communauté universitaire comme une occasion pour réunir les meilleures conditions pour la rentrée en mode présentiel, sinon à l’enseignement à distance dans le cas où il serait impossible d’ici la mi-décembre de voir les étudiants reprendre place dans les amphis. D’autant plus que le protocole sanitaire mis en place est loin d’être suivi d’une application stricte dans les campus qui ont eu à abriter ces dernières semaines des sessions d’examens. C’est ce que nous a expliqué, Abdelatif Kerzabi, enseignant à l’université de Tlemcen, pour qui le report de la rentrée est une bonne décision au vu du peu de respect des gestes barrières. « A l’université de Tlemcen où j’enseigne, et lors des examens de rattrapage, personne ne portait de masque, ni les enseignants ni les étudiants. La conséquence est qu’une bonne partie du personnel est atteinte de la Covid-19. Donc, ce n’est pas possible de continuer de cette façon. Nous ne pouvons pas nous exposer à un danger mortel », a-t-il souligné. L’universitaire ajoute que les étudiants viennent d’un peu partout et la majorité néglige le respect des gestes barrières alors que la priorité dans ce contexte est de préserver la santé et la vie de la famille universitaire.
Pour Cherif Dris, enseignant à la faculté des sciences politiques, la décision du report de la rentrée est prise sur la base de « considérations objectives » compte tenu du taux de contamination quotidien qui ne cesse d’augmenter, estimant « nécessaire » de prendre des mesures de protection et de prévention pour atténuer la menace sanitaire de ces derniers jours plus qu’auparavant. Notre interlocuteur ne nie, cependant, pas l’impact négatif de ces mesures sanitaires sur le rendement académique et le suivi continu des programmes pédagogiques. « La production académique sera impactée par ces longues vacances », a-t-il fait encore savoir, ajoutant que la crise sanitaire et les mesures devenues obligatoires sont « une opportunité » pour s’adapter en exploitant la technologie et ce qu’elle offre comme moyens et supports dans l’enseignement à distance.
« Il est important d’encourager et de généraliser ce modèle d’enseignement à distance en Algérie. Aujourd’hui, ce mode d’enseignement s’impose, nous n’avons pas d’autres choix », a tranché l’universitaire, qui tient cependant à dire que cette option ne pourra pas substituer la présence physique des étudiants et enseignants dans le campus universitaire où l’apprentissage s’opère dans l’interaction et l’échange.
A l’évidence, les enseignants recommandent de faire de ce report une opportunité pour une mise à jour de plus d’une question en lien avec l’enseignement universitaire fortement bousculé par le contexte pandémique. n