Enorme déception pour les parents d’élèves et les milliers de collégiens et lycéens qui ont dû renoncer à la reprise des cours, hier, jour de retour des vacances d’hiver.

Et pour cause, le Cnapeste et la direction locale de l’éducation de Tizi Ouzou ont décidé de jouer les prolongations dans le conflit qui les oppose depuis le 20 novembre dernier, jour où le Cnapeste a déclenché une grève pour réclamer le départ de deux chefs de service de l’académie accusés d’abus de pouvoir et d’avoir couvert l’agression à l’encontre de l’enseignante par une policière alors que celle-ci (l’enseignante) se trouvait dans un bureau de la direction de l’éducation. Le bras de fer se poursuit et les deux parties campent sur leurs positions. Une situation qui exaspère les parents d’élèves qui sont montés au créneau dans la journée d’hier, interpellant, tour à tour, la direction de l’éducation et les responsables du Cnapeste. Comme ils l’avaient prévu lors d’une assemblée générale, les parents d’élèves ont tenu un sit-in devant la direction de l’éducation, en milieu de matinée. Une action qui a débouché sur une rencontre avec le directeur de l’éducation à qui il est demandé de prendre ses responsabilités pour trouver une issue à un conflit dont les seuls perdants sont les élèves. Un même discours de fermeté a été tenu aux syndicalistes du Cnapeste à qui il a été demandé d’ouvrir la porte à la conciliation et au dialogue pour permettre le dénouement du conflit. Redoutant le pourrissement et le spectre de l’année blanche, les parents d’élèves mettent donc dos à dos les deux acteurs dans un conflit qui interpelle le wali et le ministère de tutelle qui, faut-il le dire, observent une position trop attentiste, au goût des parents des d’élèves qui soutiennent que la balle est désormais entre les mains de ces derniers responsables. Surtout de la part de la ministre à qui il appartient de trancher dans le vif. D’autant plus qu’elle doit être en possession de suffisamment d’éléments sur le dossier qui lui permettent de statuer sur l’affaire, en tout équité, du fait qu’une commission d’enquête ministérielle a accompli ses investigations, il y a une quinzaine de jours.

« Vers l’application de mesures de sanction à l’encontre des grévistes »
Le directeur de l’éducation, Ahmed Lalaoui, a menacé, de son côté, les enseignants grévistes d’appliquer des mesures de sanctions à leur égard, conformément au décret exécutif de 2017 de l’éducation nationale.
Face à cette situation qui ne semble pas voir son épilogue, les parents d’élèves ont rencontré le premier responsable local de l’éducation (DE) Ahmed Lalaoui. Ce dernier les a assurés ce que son objectif est de voir les élèves reprendre leurs classes, tout en affichant sa disposition à proposer des solutions adéquates visant la stabilité de l’école. «Nous avons rencontré ce matin (hier matin Ndlr) les parents d’élèves, qu’ils soient adhérents aux associations agréées ou non, au cours de laquelle ils nous ont exprimé leur inquiétude de revivre une année blanche ». D’après lui, cette rencontre est un message pour les enseignants pour mettre fin à leur mouvement de grève. « Les parents sont au courant de nos orientations et de nos recommandations. D’ailleurs, c’est pour cela que les parents se sont déplacés au niveau du siège du bureau local du Cnapeste où ils ont tenu un rassemblement pour inciter les représentants de ce bureau à revoir sa feuille de route et à reprendre le chemin des cours ». Ahmed Lalaoui a affirmé qu’après les résultats, non satisfaisants, du dialogue, il est contraint d’engager des mesures de sanctions pour mettre fin à cette grève. « Nous sommes prêts à appliquer des mesures de sanctions à l’encontre de ces grévistes », a-t-il affirmé. De son côté, le représentant de la Fédération des parents d’élèves, Ali Lahcène, a tiré à boulets rouges sur les graves proportions que prend cette grève. « On est arrivé à l’extrême. Nous demandons à ce que ces enseignants aient une preuve que ces deux responsables sont derrière cette agression morale commise à l’encontre de cette enseignante.
Nous demandons la mise en place d’une commission d’enquête sur cette question. Et nous refusons que nos enfants soient victimes de ce conflit», dit-il. Précisons que le conseil de wilaya du Cnapeste aura lieu aujourd’hui pour examiner les suites à donner de cette grève.