Après son report le 17 août dernier, faute d’autorisation administrative, la rencontre
des dynamiques de la société civile avec les partis politiques des courants de l’opposition
aura lieu aujourd’hui à la Safex à la grande satisfaction des initiateurs.

Le rendez-vous était encore en suspens jusqu’à mercredi dernier, faisant planer le risque d’un second report. Mais si l’attribution de l’autorisation sonnait la fin des tracasseries administratives, ce n’est pas le cas s’agissant des adhésions politiques au rendez-vous pour davantage de «convergence et de rapprochement» entre les acteurs politiques et les représentants de la société civile.
Des formations politiques, à l’image du Mouvement démocratique et social (MDS) et Talaie El Hourriyet, ont décidé de tourner le dos à cette rencontre, a-t-on appris auprès des organisateurs.
Les deux formations ont ainsi décliné l’invitation des dynamiques de la société civile, chacune ayant ses raisons.
Pour le MDS, il s’agit d’un «refus catégorique» de prendre part à un forum auquel participeraient des personnes ayant été impliquées directement ou indirectement dans la décennie noire, notamment les anciens du FIS dissous.
«Le MDS refuse de cautionner le retour sur la scène politique des personnalités politiques ayant embrasé le pays, à l’image de Kamel Guemazi, et même Abdallah Djaballah, figure de proue du Front de la justice et du développement (FJD)», explique-t-on de même source.
Le parti d’Ali Benflis privilégie, pour sa part, une démarche qui ne s’intègre pas dans celle de la société civile, dans la mesure où lui s’inscrit dans la logique d’organiser l’élection présidentielle qu’il juge comme la voie la plus réaliste, observe un animateur de la société civile. La rencontre verra, par contre, la participation de quelques noms d’acteurs politiques, à l’image de l’avocat Mustapha Bouchachi, l’universitaire Nacer Djabi et de l’ancien ministre de la Communication, Abdelaziz Rehabi.
Les défections annoncées, auxquelles s’ajouterait celle du Forum civil pour le changement, présidé par Abderrahmane Arar, ne semblent cependant pas contrarier les animateurs des dynamiques de la société civile. «Les participants aux dynamiques de la société civile ne comptent pas sanctionner la rencontre d’aujourd’hui par des recommandations. Ils profiteront des échanges et des débats pour s’entendre davantage sur des aspects liés à la situation de crise politique que traverse le pays», nous dit Boualem Amoura, membre des dynamiques et président du Syndicat algérien des travailleurs de l’éducation et de la formation (SATEF). L’objectif est de «travailler sur les points de convergences relevés dans les différentes propositions et adopter une charte d’engagement sur les principes généraux que tout le monde revendique», explique, pour sa part, Lyes Merabet, coordinateur de la Confédération des syndicats algériens (CSA).
Tout en rappelant que cette rencontre est née après celle de la société civile du 15 juin dernier, M. Merabet a indiqué que la rencontre d’aujourd’hui vise à «engager un travail de médiation et de rapprochement des idées entre les différents partis politiques, les personnalités politiques, les universitaires et d’autres activistes issus du Hirak populaire».
Le plus important à ses yeux est de «rassurer les Algériens de l’engagement des dynamiques pour la défense des revendications de la révolution pacifique», a-t-il souligné, l’objectif de la rencontre étant de parvenir à l’élaboration d’une «feuille de route consensuelle de sortie de crise».