La déchéance n’a jamais été aussi manifeste. Le fair-play bafoué, les règles du jeu piétinées et le football clochardisé pour faire d’un match, dit d’élite, une rencontre de quartier. Dimanche, les joueurs du NA Hussein-Dey ont demandé à ceux du Paradou AC de les laisser égaliser. Motif de la requête, ces derniers ont marqué sur une touche non rendue. S’en suivra une véritable mascarade, des échanges véhéments en fin de rencontres et des déclarations lunaires des Hussein-Déens.

Par Mohamed Touileb
Certes, Nadir Benbouali aurait pu (dû) rendre le ballon au « Nasria » mais il a préféré aller marquer pour donner l’avantage aux siens (90’+1) au moment où les joueurs du NAHD avaient décidé de ne pas vraiment jouer sur l’action.

Le précédent face à l’USM Bel-Abbès
Qu’on clarifie les choses, il s’agit là du bon vouloir de l’adversaire de remiser la balle ou pas. Les Pacistes ont jugé qu’ils n’avaient pas à le faire. Sur le plan réglementaire rien ne les y obligeait. Ainsi, ils ne tombaient sous le coup d’aucune sanction et le but, bien qu’entaché du non-respect du fair-play, est accordé. Justement. Paradoxalement, l’ironie veut que le NA Hussein-Dey avait éliminé l’USM Bel-Abbès en demi-finale de la Coupe d’Algérie le 14 avril 2016 sur une touche non réglementaire.
En effet, l’arbitre l’avait accordée aux Algérois. Pourtant, c’était un des leurs qui avait sorti le ballon. Le prolongement de l’action avait mené au but de la qualification. Retour de bâton.
Pour revenir à la situation « loufoque » de dimanche, on notera que les « Sang et Or » ont demandé à leurs homologues de les laisser égaliser. Ce que l’entraîneur adverse Tahar Chérif El-Ouazzani a catégoriquement refusé. Pire encore, en voulant se montrer une nouvelle fois passifs, les Nahdistes se sont alignés près de la ligne médiane dans l’espoir d’obliger la formation de Hydra à s’auto-sanctionner. Ce qui ne se produira pas puisque le gardien du PAC a balancé un ballon loin devant et que Zerroug Boucif a fait le break (90’+6). C’est le jeu.

Les affabulations d’Ardji
La partie se solde par une victoire des Académiciens qui ont conforté leur deuxième place en Ligue 1. C’est l’essentiel. Mais après le coup de sifflet final, les échanges étaient tendus. Les Hussein-Déens pensaient être dans leur droit d’égaliser. On n’était plus dans le foot mais dans un délire de revendications et d’exigences. « On a couru 90 minutes pour qu’au final, on concède un but pareil », a même osé lâcher le milieu offensif Oualid Ardji. Il faut dire qu’on a rarement vu un footballeur dire que son équipe ne méritait pas de gagner.
Par ailleurs, l’ancien sociétaire de l’USM Alger révèle : « On s’est mis d’accord pour qu’on nous laisse égaliser mais l’entraîneur Chérif El-Ouazzani, que je ne respecte plus désormais, a interdit à son gardien de laisser le ballon rentrer ». En outre, il dira, impunément et toute honte bue, que « cela se fait (laisser l’adversaire égaliser) partout dans le monde ».
Des propos pour le moins regrettables et qui sont, surtout, faux. Ailleurs, le football est aux footballeurs. Et le seul endroit où l’ont peut être acquitté est le terrain. Sans interférences de « facilitations » ou de quelconques arrangements. La torpeur fait délirer. n